Philippe Bruggisser a mis des années à bâtir Qualiflyer, le réseau d'alliances tissé autour de Swissair en Europe. Depuis sa démission le 23 janvier, la nouvelle direction a mis à peine plus d'une semaine pour revoir cette stratégie. SAirGroup annonce d'abord qu'il se retire du processus de privatisation de TAP Air Portugal. Quelques jours plus tard, c'est le même type de désengagement de Turkish Airlines. Entre-temps, la direction et le personnel de Sabena sont dans des négociations cruciales pour la survie de la compagnie belge. Et puis, ce week-end, Paul Reutlinger, ex-PDG de Sabena et patron des trois compagnies françaises – AOM, Air Liberté et Air Littoral –, démissionne après seulement six mois à son nouveau poste. Les membres de Qualiflyer, notamment Sabena et le pôle des trois compagnies françaises, n'avaient pas vu d'un bon œil l'arrivée des Suisses dans leur capital.

Aujourd'hui, le changement de stratégie de SAirGroup n'est pas pour les rassurer. Sans compter que l'avenir du groupe est pour l'instant des plus nébuleux. Reste désormais à déterminer les scénarios du futur pour la compagnie helvétique.

Si SAirGroup décide de vendre un ou plusieurs membres du Qualiflyer, faudra-t-il encore trouver un acheteur. La solution d'accroître son alliance avec American Airlines est toujours plausible, même si les compagnies américaines sont en train de fusionner à tour de bras. Quant à un partenariat avec les grands noms aériens européens, là encore tout est possible à part le choc entre anciens propriétaires, par exemple Air France, avec l'un des membres de Qualiflyer. Dans tous les cas de figure, la marge de manœuvre est étroite pour SAirGroup.