A Berne, l'espoir de voir les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne rapidement ratifiés doit s'évanouir toujours plus. Officiellement, des accrocs dans les procédures de ratification de quelques pays, dont la Belgique, expliquent le retard. Les accords n'entreront pas en vigueur cette année. Mais, au vu de l'importance que prennent les dossiers litigieux entre la Suisse et l'Union européenne, on peut même se demander si ce sera en 2002. Car, après la problématique du secret bancaire, vient celle de Swissair et de ses relations avec sa filiale belge Sabena.

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt: les Européens tiennent mieux que jamais le couteau par le manche dans cette affaire et la Suisse vient de leur donner deux occasions de mieux assurer la prise. Ainsi, les banquiers et leur prise de position contre l'initiative «Oui à l'Europe». Certes techniquement très cohérente, elle est pourtant une absurdité psychologique. Comment, après cela, aller faire croire à Bruxelles – ou à l'OCDE – que ce «non» n'est pas l'aveu implicite que la place financière est effectivement le refuge de tous les évadés fiscaux du Vieux Continent?

Et Swissair! Alors que le transporteur a fait de la compagnie belge une de ses armes préférées pour profiter à terme des avantages de la libéralisation du marché du transport aérien dans le cadre des bilatérales, voilà que Sabena ne vaudrait plus tripette au moment où il faut prouver qu'on peut être financièrement solidaire. Dans ces conditions, il est logique que l'Etat belge menace la Suisse de lier au dossier Swissair-Sabena la conclusion de sa procédure de ratification des accords bilatéraux. A chantage, chantage et demi…