Après Seattle et Davos, c'est au tour de Washington de voir défiler dans ses rues les manifestants antimondialisation. Ils s'en étaient pris d'abord à l'Organisation mondiale du commerce. Ce fut ensuite aux décideurs de la planète d'affronter leur courroux. Aujourd'hui, ils marchent contre les grands argentiers du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Pour donner un peu de piment à leur cortège, les Bourses américaines se sont d'ailleurs mises de la partie pour avoir connu vendredi une des pires journées de leur histoire. Comme si elles avaient attendu cette réunion au sommet et leurs contestataires pour rappeler que la globalisation des entreprises qu'elles abritent dans leur cotation comporte aussi des revers qui se font parfois cruellement sentir.

Au-delà de ce pur hasard, la question reste entière. Les gourous de la Nouvelle Economie, celle précisément qui ne connaît pas de frontières, seraient-ils arrivés à leurs limites?

Les économistes se veulent pourtant rassurants en garantissant la solidité des fondamentaux sur lesquels repose théoriquement la croissance mondiale. Le problème, c'est que ces entreprises, en grande partie responsables de la poussée conjoncturelle perceptible sur le Vieux comme le Nouveau Continent, ne rentrent précisément plus dans ces grands schémas d'analyses. Pour les manifestants, c'est probablement là le signe tangible que la mondialisation doit être combattue, sous peine de tomber dans les affres que connaissent aujourd'hui les investisseurs et les épargnants. C'est oublier un peu vite que la nouvelle économie n'en est certainement qu'à ses premiers balbutiements.