La récession va-t-elle frapper les Etats-Unis? La question a plané sur bien des sessions du 31e World Economic Forum. Alors que tous les observateurs tablent sur l'activité en croissance en Europe ces prochains mois, ils attendent un signe de la Réserve fédérale américaine (Fed). Mercredi, le comité monétaire de la Banque centrale tiendra sa réunion et les récentes interventions de Alan Greenspan, le président de la Fed, laissent augurer une baisse des taux qui pourrait aller jusqu'à un demi-point. La semaine dernière, le grand argentier avait prévenu les Américains qu'il fallait se préparer à connaître une croissance zéro dans un avenir proche. Si la baisse du loyer de l'argent se poursuit aux Etats-Unis, la tête pensante du Fonds monétaire international (FMI), Stanley Fisher, estime que l'impact positif pourrait se ressentir dès cet été.

D'autres sujets d'inquiétude existent, comme la dérive de l'économie japonaise dont personne ne semble entrevoir l'issue. Le premier ministre Mori a reconnu en public que les années 90 avaient été celles de la décennie perdue pour l'archipel. Il chiffre à un million de milliards de yens (8500 milliards de dollars) la richesse qui s'est évaporée durant cette période, à cause notamment de la crise immobilière. A la fin 2000, le Japon a décroché la première place parmi les pays les plus endettés au monde et son système financier fragilisé pourrait connaître une nouvelle crise d'envergure.

La délégation de l'Arabie saoudite a tenté de rassurer ses partenaires. La croissance mondiale dépend en effet en grande partie du niveau des prix du brut ces prochains mois. Hans Eichel a-t-il convaincu? Le ministre allemand des Finances a en tout cas signifié à l'OPEP qu'au-delà des intérêts particuliers, les producteurs de pétrole ont une responsabilité planétaire.

Une chose au moins semble mettre en confiance certains patrons réunis à Davos. Cette édition a sonné le glas de cette «Nouvelle Economie» si spéculative qui avait donné des complexes l'an dernier à des représentants de pans entiers de l'économie.

Maintenant, place au B2B, comme l'a souligné un conférencier. Sauf que B2B ne signifie plus «business to business» mais «back to the basics».