La nouvelle semble avoir été ressentie comme un tremblement de terre par les entreprises qui résistent aux pressions visant à comptabiliser dans leurs comptes de résultats les coûts d'émission de stock-options (options d'achats d'actions distribuées aux collaborateurs ou aux cadres de l'entreprise).

En annonçant (lire Le Temps de vendredi) son intention d'abandonner le système de rémunération par stock-options, le géant informatique Microsoft ouvre une ère nouvelle au gré des observateurs, une ère que Steve Ballmer, son responsable opérationnel, qualifie d'ailleurs lui-même de post dot.com. Les 50 000 employés de Microsoft recevront en effet désormais des actions moins sujettes à spéculation et dont le versement sera inscrit dans les charges du groupe. Le revirement auquel participe Microsoft s'inscrit aussi dans le sillage du retour en grâce des valeurs de rendement, autrement dit des actions assorties d'une distribution plus généreuse du dividende.

La dégringolade des Bourses et leur reprise incertaine auront donc porté un coup à un système perçu d'abord comme une panacée dans les années 90, critiqué ensuite pour ses abus notoires (Enron, WorldCom et Tyco) et appelé par conséquent à une plus grande transparence ainsi qu'au contrôle plus vigilant des actionnaires.

La portée de cette décision est d'autant plus importante que d'autres grands groupes ont déjà annoncé leur intention d'en faire de même. En Suisse, Ciba Spécialités Chimiques a d'ailleurs fait office de précurseur en annonçant en février dernier sa décision de renoncer au système des stock-options au profit d'une rémunération par actions.

Heureusement, plutôt qu'à une mort du système des stock-options, il faut plutôt s'attendre en Suisse aussi à un usage plus restrictif et plus ciblé de celui-ci quant aux bénéficiaires. Si le rôle des stock-options comme instrument de motivation spéculatif est appelé à diminuer, ces instruments ont leur rôle à jouer dans la prise de risque entrepreneuriale.

Dans cette perspective, il est heureux que le nouveau projet de loi sur l'imposition des options remises aux collaborateurs, dont la procédure de consultation vient de se terminer, tienne compte de la situation des jeunes entreprises (start-up) et de celles tournées vers l'étranger.