Les anciens satellites russes sont devenus une niche lucrative pour les investisseurs. Et il n'est pas question ici d'aérospatiale. L'ancrage occidental de la Pologne et des ex-pays de l'Est attire de plus en plus de capitaux. Les chiffres sont là pour le prouver. L'indice boursier représentatif de la région grimpe de plus de 50% depuis le début de l'année. Il avait déjà remarquablement performé en 2003.

Dans le même temps, les valeurs européennes «classiques» peinent à avancer. Bien sûr, les Bourses françaises et allemandes progressent, mais d'un petit 5% seulement. Heureusement, les titres italiens et espagnols surnagent avec des hausses de 15% en moyenne.

Une maigre consolation. Car il faut se rendre à l'évidence. En 2005, la croissance sera à nouveau au rendez-vous à l'Est, alors qu'elle ne va guère montrer que le bout de son nez dans les pays «historiques» de l'Union européenne. La Slovaquie table par exemple sur un produit intérieur brut en hausse de 5% en 2005, et la Pologne de 4,5%. Des chiffres à faire pâlir de jalousie la vieille Europe, où le taux de croissance devrait se situer entre 1,8 et 2% l'année prochaine.

Les Bourses pourraient saluer pour la troisième année consécutive le miracle économique est-européen. Ces pays aimantent chaque année davantage d'investissements. Les sociétés basées à l'Est ont levé près de 6 milliards d'euros au travers de ventes d'actions en 2004, soit trois fois plus qu'un an auparavant.

L'influence du voisin russe joue aussi un rôle. Sans le vouloir, Vladimir Poutine fait grimper les marchés polonais, tchèques ou slovaques par son interventionnisme. Plus Yukos et les oligarques sont inquiétés, plus les investisseurs à la recherche de bonnes opportunités «émergentes» se détournent de la Russie. Et leurs regards se tournent presque naturellement vers la Hongrie ou la Pologne.

Le net retournement de tendance survenu sur la Bourse moscovite illustre ce phénomène. Les valeurs locales ont reculé de près de 30% après le pic établi ce printemps. Dans le même temps, les actions de l'Europe de l'Est ont continué de gagner du terrain.

Une situation qui pourrait durer et soutenir les Bourses des pays de l'Est en 2005. De forts rendements seraient alors au rendez-vous pour la troisième année consécutive. Les investisseurs semblent apprécier la région, coincée entre une zone en panne de croissance et un régime autocratique balbutiant son capitalisme.