Mario Draghi offre un peu de répit à Thomas Jordan. En annonçant jeudi que la Banque centrale européenne (BCE) était prête à racheter de la dette publique en quantité illimitée, son président a levé une partie des doutes entourant la zone euro et sa monnaie. Du coup, la Banque nationale suisse et son président profitaient hier d’un scénario qui n’était pas arrivé depuis mars dernier: un euro à plus de 1,21 franc.

Avant l’annonce de jeudi, l’euro s’était déjà éloigné du plancher de 1,20 défendu depuis un an et deux jours. Signal de la satisfaction des investisseurs, vendredi, la monnaie unique est rapidement passée au-dessus de 1,21 franc dans la matinée. Elle touchait même 1,2155 avant de retomber à 1,2080 dans l’après-midi.

Ce répit devrait pourtant être de courte durée, selon Geoffrey Yu, d’UBS: «Après la BCE, certains paris baissiers contre l’euro ont été retirés du marché, cela a aidé la devise. Mais c’est temporaire, la paire euro-franc va redescendre.» «Surtout si la BNS n’annonce rien de nouveau, lors de sa réunion trimestrielle jeudi prochain», ajoute Adam Cole, stratège de RBC Capital Markets.