Le scénario d’une reprise économique «à trois vitesses» devrait se confirmer en 2011 dans la zone euro, ce qui risque d’accroître les écarts de compétitivité entre ses membres, selon une étude publiée jeudi par l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P).

«Les tendances récentes de la croissance économique en Europe de l’Ouest sont globalement encourageantes, malgré des inquiétudes persistantes sur la crise de la dette souveraine», écrit-elle dans ses prévisions. L’agence s’attend à «une reprise à trois vitesses en Europe de l’Ouest sur les 18 prochains mois».

L’Allemagne et la Finlande font figure de locomotives, suivies du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie, de la Belgique et des Pays-Bas dans le peloton du milieu avec une croissance autour de 1,5% à 2%, et enfin de l’Espagne, l’Irlande, la Grèce et le Portugal qui devraient «rester englués dans la récession».

Cette situation «pourrait aggraver les différences structurelles sur le long terme» pour les pays de la zone euro où la reprise peine à se matérialiser, estime S&P.

«Si cet écart continue de se creuser, les économies de la zone euro encore en récession pourraient voir une nouvelle chute de leur compétitivité par rapport aux autres pays membres», prévient Jean-Michel Six, chef économiste de l’agence et auteur de l’étude.