Obsédés par le flot ininterrompu de fusions et acquisitions, les marchés n'ont semblé accorder qu'une attention distraite aux statistiques économiques publiées jeudi et vendredi.

Plutôt bonnes aux Etats-Unis, elles tendent à accréditer le scénario d'une réaccélération modérée de la croissance au deuxième trimestre sous l'impulsion de l'investissement. En effet, le chiffre des commandes de biens durables en avril a agréablement surpris. Il s'est inscrit en hausse de 0,6% par rapport au mois précédent malgré un recul important des livraisons d'avions civils. En outre, l'excellent chiffre du mois précédent (+3,7%) a été révisé en hausse à 5%.

Cette amélioration a fermé la fenêtre d'opportunité pour une baisse du taux directeur de la Réserve fédérale (Fed), estime Alessandro Bee, économiste chez Sarasin à Zurich. Les analystes de BNP-Paribas sont plus prudents: au moment où la consommation fléchit, la reprise de l'investissement ne peut être que limitée, selon eux.

L'augmentation de 16% des ventes de maisons neuves en avril a un moment laissé entrevoir le bout du tunnel de la crise immobilière. Cet espoir s'est révélé prématuré après la publication, vendredi, des ventes de maisons existantes. Celles-ci ont reculé de 2,6% d'un mois sur l'autre. Le stock de logements à la vente s'est accru de 10,4% en avril pour représenter 8,4 mois d'activité. Les prix étaient à la baisse tant pour les maisons neuves que pour les anciennes. Les investisseurs seront attentifs à la publication, mardi, de l'indice Conference Board de la confiance des consommateurs et, vendredi, au chiffre des créations d'emplois.

Déceptions en France

L'Europe, qui a peu souffert du ralentissement américain, devrait bénéficier de l'amélioration qui se dessine outre-Atlantique, estime Alessandro Bee. L'Organisation de coopération et de développement Economiques (OCDE) a relevé à 2,8% sa prévision de croissance en Allemagne cette année. En revanche la France tire la langue: les dépenses de consommation ont reculé de 0,3% en avril.