«Des discussions internes sont en cours quant à une possible reprise des vols vers l'Algérie», indique le porte-parole de Swissair, Jean-Claude Donzel. La compagnie suisse a interrompu ses liaisons aériennes avec Alger le 7 septembre 1994, trois mois avant la prise d'otages perpétrée par un groupe armé algérien contre les passagers d'un Airbus d'Air France au départ de la capitale algérienne. La compagnie française devait supprimer peu après ses vols vers l'Algérie. Depuis, hormis quelques exceptions, plus aucune compagnie étrangère ne dessert les aéroports algériens.

Le vent de la pacification qui souffle en Algérie depuis l'élection d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République, le 15 avril, change la donne. Un groupe d'experts d'Air France se rendra à Alger le 26 juillet pour évaluer les conditions de sûreté à l'aéroport de la capitale en vue d'une reprise éventuelle des vols de la compagnie française vers l'Algérie. Le rétablissement des vols de Swissair serait aussi précédé de l'envoi d'une délégation, envoi qui n'est pas planifié pour l'heure. Swissair veut s'assurer en outre de la rentabilité de liaisons avec l'Algérie.

Des considérations politiques pourraient toutefois l'emporter sur un point de vue purement financier. Lors de sa venue au Forum de Crans-Montana, fin juin, Abdelaziz Bouteflika avait fait part au conseiller fédéral Pascal Couchepin de son souhait d'une reprise des vols de Swissair vers son pays.

Crossair a agendé pour sa part trois vols extraordinaires au départ de Bâle vers Constantine, pour permettre aux Algériens d'Alsace de passer des vacances en Algérie. Un premier avion devait décoller vendredi, les deux suivants partiront le 29 juillet et le 24 août.