Vous cherchiez l’incarnation du mal absolu? Votre quête est terminée. Le diable est face à vous. C’est Amazon. La multinationale subit des critiques depuis des années. Mais jamais d’une telle violence. En ce mois de novembre 2020, la firme américaine est accusée non seulement des pires pratiques commerciales, mais aussi d’une immoralité totale. La pandémie a attisé cette haine d’Amazon. Et le Black Friday, ce vendredi, va la pousser au paroxysme. Alors, faut-il brûler Amazon? Ou ce géant de l’e-commerce n’est-il qu’un punching-ball?

L’assaut le plus violent est récemment venu de France. Amazon est «un adversaire de l’Etat», selon le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. C’est une firme «qui se gave», affirme la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. Et cette idée lancée dans l’Hexagone de «Noël sans Amazon» a été reprise la semaine passée en Suisse, avec la pétition émanant notamment du syndic de Lausanne, Grégoire Junod, pour un «Noël en ville plutôt qu’en ligne». Car selon les initiants, il faut «tourner le dos aux géants du numérique et aux multinationales du commerce en ligne, tels Amazon ou Zalando, qui détruisent les emplois qualifiés et locaux dans la vente et appauvrissent nos centres-villes». L’argument environnemental est aussi souvent mis en avant: Amazon édifie de gigantesques entrepôts dans la campagne, crée des flux incessants de camions sur les routes secondaires et fabrique des millions de cartons d’emballage…