Gestion de fortune

Les responsables de la banque Bonhôte: «Vendre? Absolument pas»

La banque neuchâteloise Bonhôte s’implante à Lausanne, afin de se rapprocher d’une clientèle locale qui représente 15% de ses avoirs. Et récupérer les clients résidents insatisfaits du service qu’ils ont reçu ailleurs

Après Bienne, Berne et Genève, la banque neuchâteloise Bonhôte s’implante à Lausanne. Pour se rapprocher d’une clientèle locale qui représente environ 15% de quelque 4 milliards de francs d’actifs qui lui sont confiés. Sa succursale vaudoise inaugure ce mercredi ses locaux dans l’ancienne banque Bugnion, fondée en 1803 par la famille à l’origine de la fondation de l’Hermitage, et acquise en 1965 par l’Union des Banques Suisses. L’entité lausannoise compte quatre à cinq collaborateurs pour commencer, dont deux spécialistes de la gestion institutionnelle, sur un effectif total d’une petite centaine d’employés au sein de la banque neuchâteloise, dont 5 à Bienne, 4 à Berne et 5 à Genève. Les explications du directeur général Yves de Montmollin et du responsable de la succursale lausannoise Pierre Lombard, un ancien de la banque Gonet entre 2012 et 2016.

Consulter aussi le blog que propose la banque Bonhôte sur le site du Temps.

Le Temps: Pour quelles raisons ouvrez-vous une succursale à Lausanne?

Yves de Montmollin: Ces dernières années, le marché vaudois est celui qui progressait le plus rapidement au sein de la banque, même si nous le couvrions depuis Neuchâtel ou Genève. C’est une zone de forte création de richesse, avec une croissance démographique dynamique et l’implantation de nombreuses entreprises.

Pierre Lombard: Le canton de Vaud représente environ 20% des avoirs que nous gérons. Nous visons surtout la clientèle résidente suisse, qui constitue 85% de nos clients. Cette implantation était en projet depuis 4 à 5 ans.

Comment comptez-vous vous différencier sur le marché vaudois de la gestion de fortune, qui compte des acteurs forts et bien implantés?

Yves de Montmollin: Nous sommes une banque indépendante, nous ne poussons pas de produits financiers. Ensuite, nous avons bâti notre croissance sur le marché suisse et elle a été pratiquement ininterrompue depuis 1992. Enfin, nous avons remarqué que beaucoup de clients suisses étaient déçus.

Déçus de quoi?

Pierre Lombard: Du service qu’ils ont reçu, de la sensation d’avoir été mis dans des cases, en particulier. On constate également que de nombreuses banques ont échoué à aller en région. Les établissements qui étaient très orientés sur la clientèle internationale affichaient des marges beaucoup plus généreuses que celles que l’on réalise sur le marché suisse. Et quand on a vécu largement, il est difficile de redescendre, d’autant que les salaires sont rigides vers le bas, ce qui a souvent des conséquences sur l’emploi.

Yves de Montmollin: Chez Bonhôte, nous avons moins de problèmes de marge, car nous avons toujours vécu avec des marges plus faibles découlant de notre spécialisation sur le marché suisse. Notre ratio charges/revenus est structurellement plutôt élevé, compris entre 75% et 80%.

Avec sa taille (3,7 milliards de francs d’avoirs à ce jour), Bonhôte pourrait devenir la cible d’une acquisition par un établissement plus grand. Est-ce un scénario envisageable?

Yves de Montmollin: Vendre, absolument pas. Notre président et actionnaire principal, Jean Berthoud, l’ancien directeur général de la banque entre 1990 et 2010, détient près de 75% du capital, avec la direction et des proches. Nous cherchons à nous rapprocher de gérants de fortune indépendants ou à acheter des portefeuilles, ce que nous n’avons jamais fait, mais nous regardons activement.

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