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Dans la conduite forcée de Cleuson-Dixence, en avril 2009.
© LAURENT GILLIERON

Barrages

Les responsables politiques applaudissent le revirement d’Alpiq sur l’hydraulique

Le groupe renonce à vendre une partie de ses barrages, ce qui est jugé «réjouissant» par des ministres et des parlementaires. L'importance stratégique de la production d'électricité rendait discutable, voire dangereuse, l'option de la cession

La décision d’Alpiq de renoncer à vendre une partie de ses centrales hydroélectriques est saluée de toutes parts. L’hydraulique est trop importante pour la brader à l’étranger, estiment le monde politique et les cantons alpins.

L’actualité de ce jour: Alpiq renonce à vendre une partie de ses centrales hydroélectriques

«C’est une nouvelle réjouissante» pour le Valais, a déclaré lundi Roberto Schmidt, conseiller d’Etat valaisan. Il est important qu’Alpiq reste propriétaire de ses centrales hydroélectriques», se félicite le chef du Département valaisan des finances et de l’énergie. Le producteur et fournisseur d’électricité valdo-soleurois détient 27% de toutes les capacités hydroélectriques du canton.

Lire aussi: Les sept erreurs qui ont coulé les barrages suisses

Egalement membre de la Conférence gouvernementale des cantons alpins, Roberto Schmidt relève que «la confiance d’Alpiq dans l’hydroélectricité est sans doute plus grande qu’il y a une année» vu les développements politiques sur cette question. Les récents débats reposent en effet sur le constat qu’il est nécessaire d’agir dans ce domaine.

«Le marché européen fonctionne mal», note Roberto Schmidt. La Suisse «est plus royaliste que le roi», alors que les autres pays vont dans une direction protectionniste. Il souligne qu’Alpiq propose comme mesure dans ce dossier une prime d’approvisionnement.

Un soulagement

De son côté, Stefan Müller-Altermatt (PDC/SO), président de la commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N), se montre soulagé par la décision d’Alpiq. Il est clair qu’une vente était difficile, vu l’environnement du marché.

Que maintenant Alpiq lui-même ait plus confiance dans l’hydraulique et qu’il veuille en profiter à l’avenir, est positif. Stratégiquement, il n’y a aucun intérêt à une vente à l’étranger, ajoute le conseiller national.

La CEATE-N s’est plusieurs fois prononcée en faveur d’un soutien fort à l’hydraulique, rappelle Stefan Müller-Altermatt. Selon Alpiq, les investisseurs potentiels n’étaient pas prêts à supporter leur part de risques réglementaires.

Cet argument ne tient pas la route, critique le président de la commission. Le groupe n’a jamais donné aucun signe indiquant que les conditions réglementaires péjoraient la situation.

Demande intervention étatique

Pour Stefan Müller-Altermatt, même si Alpiq dégage un chiffre d’affaires de plusieurs milliards, «un sauvetage de l’Etat» n’est pas à l’ordre du jour.

La conseillère nationale Jacqueline Badran (PS/ZH) est également soulagée qu’aucune partie de l’hydraulique d’Alpiq ne parte à l’étranger. La force hydraulique est un bien stratégique essentiel et qui, à l’image des banques trop grandes pour faire faillite («too big to fail»), est trop important pour échouer. L’énergie hydraulique appartient à la richesse nationale.

De son côté, le stratège de l’UDC Christoph Blocher exige une intervention de l’Etat pour rendre moins chère l’énergie hydraulique. La Suisse doit subventionner les producteurs d’électricité jusqu’à ce que les autres pays cessent de le faire. Il exige également une interdiction de vente des centrales suisses à l’étranger.

EOS ne commente pas

De son côté, le principal actionnaire d’Alpiq, EOS Holding, ne souhaite pas commenter le revirement du groupe valdo-soleurois. EOS est une holding stratégique qui représente les intérêts de ses actionnaires, dont font partie notamment Romande Energie et le Groupe E. Elle possède quatre représentants au conseil d’administration d’Alpiq.


 

A voir: la crise des barrages.

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