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E-commerce

Les restaurants et leurs coursiers se nourrissent grâce à Internet

Des sites de livraison de repas sont apparus en Suisse. Ils affichent une croissance record. Leurs cibles favorites: les entreprises transfrontalières et les organisations internationales

Restaurants et coursiers se nourrissent d’Internet

E-commerce Des sites de livraison de repas sont apparus en Suisse, avec une croissance supérieure à 100% par an

Leur cible favorite: les entreprises et les organisations internationales

Huit publicités Facebook sur dix traitent d’alimentation. Aux Etats-Unis, les restaurants ont été prompts à saisir le virage internet. La Suisse a commencé à s’y intéresser, avec pour corollaire un afflux grandissant de nouveaux prestataires de services en ligne. «Si elle suscite encore parfois la défiance, la commande digitale de repas permet aux restaurateurs d’élargir leur public», résume Damien Aziz, directeur marketing de Foodarena, parmi les premiers agrégateurs de prêt-à-manger du pays.

Ce portail, qui s’apparente à Ebooking ou TripAdvisor dans l’hôtellerie, vit des commissions – jusqu’à 10% du montant des commandes – que lui versent les restaurants. La structure d’origine biennoise affiche une croissance annuelle à deux chiffres depuis sept ans. Ses quelque 600 enseignes indexées constatent, en contrepartie, une hausse moyenne de leur activité de 30%.

Foodarena emploie une dizaine de salariés. Mais ne livre pas de repas. Contrairement à d’autres intermédiaires, plus récents: «Pour de nombreux restaurateurs, gérer une logistique aussi coûteuse n’est plus rentable», estime Ariana Grammatopoulo, ex-employée de banque, aujourd’hui directrice de Smood2you.

De moins de trois salariés début 2013, l’entreprise est aujourd’hui passée à une trentaine de collaborateurs. «La première année, nous réalisions 120 000 francs de chiffre d’affaires par mois. A présent, c’est 300 000 francs», signale celle qui a cofinancé sa structure avec un ­capital de départ d’environ 70 000 francs en fonds propres.

Sa clientèle phare, du petit déjeuner à l’apéro de fin de journée, en passant par le «lunch» de direction: les multinationales excentrées et qui ne disposent pas de cafétéria, les PME du centre-ville et quelques organisations internationales, dont l’OMC. Le soir, la place est aux commandes de particuliers, soit une dépense individuelle moyenne de 80 francs, contre des ventes pouvant atteindre les 500 francs pour un client institutionnel.

«Dès décembre, nous allons étendre nos activités de Genève à Nyon et à Versoix, puis à Lausanne début 2015», annonce Ariana Grammatopoulo. Un intérêt pour le marché suisse-allemand? «Absolument, mais nous n’avons pas encore de projet concret, chaque chose en son temps», tempère-t-elle, avant d’évoquer l’idée de ravir une place à son concurrent zurichois Mosi, qui, selon elle, n’investit pas 3000 francs par mois dans la recherche et le développement (mobile, portail web, etc.) comme Smood2you.

Autre exemple d’ambition culinaire en ligne: Venezvite, une entité qui a vu le jour à Rolle il y a environ deux ans. Pensée à l’origine pour servir la communauté des expatriés, la structure vise depuis à se démocratiser dans tout l’Arc lémanique. «De nos six membres fondateurs, actifs dans les organisations internationales à Genève, Procter & Gamble ou l’industrie du luxe (Chopard, etc.) et le marketing, plus de la moitié travaille encore en Suisse», raconte la directrice de la société, Addia Cooper-Henry.

Cette ex-collaboratrice en gestion privée chez UBS pendule elle-même entre Genève et New York six mois par année. Son modèle d’affaires: un tarif de livraison – confié à des coursiers de la Vélopostale – plafonné à 9 francs, auquel s’ajoute une commission entre 15 et 25% sur les volumes de nourriture vendus. Son projet ­d’e-commerce a démarré grâce à un investissement initial de 100 000 francs, pour l’essentiel englouti dans le marketing.

«Notre croissance actuelle est de 15% par mois, poursuit-elle. A un rythme de 1000 commandes mensuelles. Mais mon objectif est de multiplier ce chiffre par vingt ces cinq prochaines années.» A moyen terme, elle aussi se voit développer une activité outre-Sarine.

Depuis 2012 environ, avec l’arrivée massive de concurrents, «le marché s’est durci», souligne Damien Aziz. Les nouvelles forces en présence ont commencé à s’arracher les bons restaurants. Ariana Grammatopoulo, elle, identifie deux types d’émulation: les acteurs traditionnels du prêt-à-manger, tel Domino’s Pizza, et les autres, qui vivent de leur partenariat avec les restaurants.

«Pour l’heure, il y a de la place pour tout le monde. Mais si une société française ou européenne majeure venait à s’implanter en Suisse, nous aurions un sérieux problème», confie la directrice de Smood2you. Exemple de rivalité sérieuse: le britannique Just Eat.

Fondée en 2001, cette entreprise figure parmi les agrégateurs de restaurants les plus importants du monde. Présente surtout en Europe du Nord et outre-Atlantique, où la livraison des repas à domicile ou au travail est beaucoup plus développée qu’ailleurs, elle a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires supérieur à 151 millions de francs. La structure est valorisée à plus de 2 milliards de francs en bourse. «Nous sommes le WhatsApp des plats à l’emporter», aime à dire son président, David Buttress.

«Si une société européenne majeure venait à s’implanter en Suisse, nous aurions un sérieux problème»

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