Barry Callebaut a présenté vendredi des résultats pour les neuf premiers mois de l'exercice 2004-2005 en demi-teinte. Le volume des ventes du numéro un mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat, en progression de 4,2%, atteint 790 134 tonnes. Les deux tiers de cette hausse sont dus à une croissance organique. La part restante provient de l'acquisition du groupe danois AM Foods en septembre 2004. Le bénéfice net enregistre une forte hausse de 29% à 101,8 millions de francs. Celle-ci est en partie due à un changement des normes comptables IFRS. Sur une base inchangée, la progression atteindrait 7%. La marge avant intérêts, taxes et amortissements (EBITA) s'élève à 197,3 millions de francs, ce qui représente une hausse de 1,9%.

En revanche, le chiffre d'affaires de Barry Callebaut a diminué de 2,5% à 3,02 milliards de francs, contre 3,1 milliards durant les neuf premiers mois de l'exercice précédent. «Deux facteurs expliquent ce recul: la baisse du prix des fèves de cacao et l'influence négative des taux de change. Ils ont été partiellement compensés par la croissance des volumes», a relevé Patrick De Maeseneire, responsable opérationnel de Barry Callebaut, lors d'une conférence téléphonique.

Par segment, les ventes ne progressent pas. La division européenne Produits pour consommateurs souffre d'une conjoncture défavorable en Allemagne et d'une pression sur les prix. Conséquence: le programme de restructuration y sera plus important que prévu. «Cent vingt personnes ont déjà reçu une notification concernant leur licenciement. D'autres personnes pourraient être concernées», a affirmé Patrick De Maeseneire. Le segment Services alimentaires/Commerce de détail a lui aussi enregistré un recul. La baisse du chiffre d'affaires atteint 5%. «Nos volumes ont baissé, tout comme nos marges, particulièrement en Amérique du Nord», souligne Patrick De Maeseneire. Quant au chiffre d'affaires du segment Affaires industrielles, il est resté constant à 1,62 milliard de francs. La baisse du secteur cacao a pu être compensée par la hausse des ventes de chocolats aux industriels.

Pour Daniel Bürki, analyste à la Banque cantonale de Zurich, «ces résultats sont globalement décevants. La croissance des volumes a certes atteint 4,2%. Mais les effets négatifs des taux de change et du prix du cacao ont annihilé cette croissance.

Pendant que le segment industriel et celui des clients artisanaux atteignaient un résultat solide, la division Consommation, avec un recul de 8%, reste l'enfant à problèmes de Barry Callebaut», relève l'analyste dans un communiqué. Le marché n'a lui aussi pas été convaincu par les résultats du numéro un mondial. Le titre a subit un recul de 1,3% vendredi.