En hausse de 12% au premier semestre de 1999 à 2,694 milliards de dollars (environ 4 milliards de francs), le résultat net de la Hongkong and Shanghai Bank Corporation Holdings (HSBC) annonce un retour au beau fixe. Le résultat net avait en effet reculé de 21% à 4,318 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année 1998, partiellement en raison du montant de provisions pour créances douteuses que le groupe avait faites dans les pays émergents. Avec la reprise de certaines économies – notamment la Thaïlande et l'Indonésie – ces provisions ont été réduites de 64 millions de dollars par rapport au premier semestre de 1998 à 1082 milliards de dollars. «Nos résultats pour le premier semestre de 1999 reflètent la vigueur soutenue des économies occidentales et dans une certaine mesure la reprise des économies émergentes», a déclaré le groupe HSBC dans un communiqué. Néanmoins, même si le montant mis de côté pour créances douteuses a diminué, la banque garde ses précautions: «Nous n'avons peut-être pas encore atteint le fond du cycle des pertes sur créances.»

Les bénéfices avant impôts se sont élevés à 1,72 milliard de dollars (environ 2,5 milliards de francs) en Europe et à 1,39 milliard de dollars à Hongkong. L'Europe prend la plus grosse part du gâteau avec 42,3% des bénéfices avant impôts réalisés sur le Vieux Continent, suivie de Hongkong (34,2%), de l'Amérique du Nord (13%), de l'Amérique latine (6,1%) et du reste de l'Asie-Pacifique (4,4%). «Notre objectif principal est d'augmenter nos services comportant des frais de commission», a déclaré dans un communiqué sir John Bond, président du groupe. Cette nouvelle mesure a déjà été appliquée au Royaume-Uni, où les revenus tirés des assurances vie, pensions et fonds sous gestion ont augmenté de 18% au cours des six premiers mois de cette année. A Hongkong, c'est de 40% que les revenus dérivés des assurances vie et fonds de gestion ont grimpé.

Plutôt présent dans la banque de détail, HSBC (dont le financier Martin Ebner contrôle 0,8% au travers de BK Vision) cherche à accroître ses positions dans la banque privée. Pas moins de 10,3 milliards de dollars ont été versés par le groupe à Edmond Safra en avril, afin de racheter l'entité américaine Republic New York Corp. et la société luxembourgeoise Safra Republic Holdings, dont l'actif le plus important est Republic National Bank of New York, basée à Genève. HSBC détient déjà sur la place de Genève d'autres entités bancaires, c'est-à-dire HSBC Private Banking, la British Bank of the Middle East (sises toutes deux rue du Rhône) et la banque HSBC Guyerzeller dont la direction se trouve à Zurich. Le rachat de Republic New York Corporation et de Safra Republic Holdings, toujours sous examen des autorités de contrôle, devrait être finalisé au dernier trimestre de 1999.

En chute de près de 10% depuis son niveau le plus haut le 5 juillet, l'action a regagné 3,6% à la Bourse de Londres, à 765 pence (environ 18 francs) en clôture de séance lundi. «La crainte d'une hausse des taux aux Etats-Unis pèse sur les financières, a déclaré un analyste qui n'a pas souhaité être cité. De plus, le titre a été sujet à des prises de bénéfices.» Ce dernier a grimpé de 40% depuis le 5 février. L'action a été divisée en trois et vaut 93 dollars hongkongais actuellement.

Mais l'expert, qui recommande de garder le titre à long terme, note que ce dernier a littéralement explosé de 20 dollars hongkongais il y a dix ans à 270 dollars à échelle comparable. Le dividende pour le premier semestre de 1999 a été fixé à 13,30 cents par action ordinaire, en hausse de 8% par rapport à la même période l'année dernière.