ABB a continué à souffrir au 1er trimestre d’entrées de commandes anémiques. Son bénéfice net a pour sa part chuté de 29% sur un an, à 464 millions de dollars (497 millions de francs) pour des ventes en repli de 4% à 6,934 milliards de dollars (-11% en monnaies locales). Le groupe d’ingéniérie helvético-suédois axé sur les technologies de l’énergie et de l’automation a dégagé un résultat avant intérêts et impôts (EBIT) de 709 millions de dollars, en baisse de 18%, a-t-il annoncé jeudi. Il a baissé à 10,2% du chiffre d’affaires, alors qu’il en représentait 12% un an plus tôt. Faibles entrées de commandes

Les entrées de commandes du groupe qui emploie quelque 117’000 personnes dans le monde ont pour leur part fortement souffert d’un climat d’investissement encore morose, surtout dans le domaine des infrastructures industrielles et dans le domaine de l’énergie, même si un redressement paraît se dessiner. Elles ont ainsi baissé de 12% (-19% en monnaies locales) à 8,067 milliards de dollars. Les gros contrats, notamment, ont chuté de 55% en monnaies locales, et n’ont représenté que 16% du volume total, contre 27% au 1er trimestre 2009. La demande sur des marchés industriels à cycle court comme la construction a certes montré une croissance, mais n’a pas pu compenser ce recul.

Par régions, les entrées de commandes ont progressé dans les deux Amériques, en raison de mandats pour des systèmes d’automation ainsi que, en Amérique latine, pour les technologies de l’énergie. En Europe, elles montrent une forte baisse par rapport à la période de référence de 2009, qui avait vu entrer un contrat de 550 millions de dollars pour un réseau à haute tension.

En Asie, les entrées de commandes ont également baissé. Le recul tient essentiellement au report d’investissements dans le domaine du transport de courant électrique en Chine, explique ABB. Perspectives encore floues

Dans les secteurs d’activités à cycles courts, le creux de la vague paraît dépassé. Mais dans ceux à cycles longs, qui composent l’essentiel du portefeuille du groupe, les perspectives sont encore incertaines. La retenue dont font preuve les producteurs et distributeurs d’énergie, le report de gros projets dans ce domaine et la concurrence accrue qui s’y manifeste vont encore peser sur la demande, estime ABB.

Reste que les résultats annoncés jeudi sont ressortis nettement en-dessous des attentes. Les analystes interrogés par Reuters par exemple tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 502 millions de dollars, et un chiffre d’affaires de 6,96 milliards.

Du coup, l’action ABB a dévissé à l’ouverture de la Bourse suisse, perdant jusqu’à 7,2% dans les premiers échanges. Vers 10h30, le titre se négociait à 22,36 francs, soit 5,9% de moins qu’à la clôture de mercredi, dans un marché SMI en faible hausse de 0,1%.