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Les résultats d’Alphabet continuent de bondir

Malgré des recettes publicitaires au beau fixe pour la maison mère de Google, les dépenses continuent d’augmenter

Malgré les inquiétudes liées à l’usage des données personnelles par les groupes technologiques, Alphabet, maison mère de Google, a vu ses résultats trimestriels continuer de progresser grâce à la publicité. Toutefois, la hausse des dépenses inquiète les analystes.

Comme pour Facebook, englué dans un scandale retentissant sur la fuite de données personnelles d’utilisateurs vers la firme Cambridge Analytica, le modèle économique de Google est fondé sur ces données, qui permettent de cibler très finement les publicités. Le scandale ayant éclaté quinze jours avant la fin du trimestre, un éventuel impact sur les résultats ne serait néanmoins visible qu’à partir du deuxième trimestre.

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Selon les résultats publiés lundi, le bénéfice net du premier trimestre a bondi de 74% pour atteindre 9,4 milliards de dollars et le chiffre d’affaires est ressorti à 31,1 milliards de dollars (+26%), un peu au-dessus des attentes.

«Les performances extraordinaires et continues [de Google en particulier] illustrent à la fois les bénéfices tirés de l’innovation et, une nouvelle fois, la tendance de fond en faveur de la recherche sur mobile», a relevé la directrice financière Ruth Porat lors d’une conférence téléphonique.

A elles seules, les recettes publicitaires ont rapporté 26,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le trimestre, soit une hausse de presque 25% sur un an. Google et Facebook devraient à eux seuls représenter 56,8% du marché de la publicité sur internet aux Etats-Unis en 2018, selon le cabinet eMarketer.

Une hausse du coût des TAC inquiétante

Le bénéfice net d’Alphabet a toutefois aussi largement bénéficié d’un changement comptable, qui exige de mentionner la valeur d’investissements dans d’autres entreprises.

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Le groupe a donc dû faire apparaître un gain exceptionnel de 3 milliards de dollars, qui selon la presse correspond à sa participation dans la compagnie de réservation de voitures avec chauffeur Uber. Conséquence, cela a faire croître de 2,4 milliards de dollars le bénéfice net d’Alphabet. Même si l’on soustrait cette somme, le bénéfice ressort à 9,93 dollars par action, restant nettement au-dessus des 9,35 dollars attendus par les analystes.

Pour Daniel Ives, analyste chez GBH Insights, ces résultats sont «assez bons» même si la hausse des coûts d’acquisition des recettes publicitaires, les TAC, reste inquiétante. Très observés, ils ont en effet augmenté plus que prévu, pour atteindre 6,3 milliards (+36%). Selon Ruth Porat, ces hausses sont notamment dues à l’augmentation de la recherche sur mobiles, pour lesquels les TAC sont plus élevés.

Ces TAC, sommes reversées par Google à des tiers pour s’assurer par exemple qu’il est le moteur de recherche par défaut des appareils ou systèmes d’exploitation, représentent désormais 24% des revenus publicitaires de Google, contre 22% l’an dernier.

«Même si nous nous attendons à ce que ces TAC continuent d’augmenter en pourcentage des recettes […], nous prévoyons toujours que [cela] commence à ralentir à partir du second trimestre», a aussi déclaré Ruth Porat.

Un futur environnement réglementaire incertain

Les dépenses en immobilier et infrastructures ont aussi augmenté nettement, pour atteindre 7,7 milliards (contre 2,4 milliards l’an dernier), «en raison d’investissements dans des locaux, des machines ou la construction de data centers», a expliqué Ruth Porat, rappelant que le groupe avait récemment acheté un bâtiment new-yorkais prestigieux pour 2,4 milliards de dollars.

Autres sources de dépenses, les achats de contenus pour la plateforme vidéo YouTube, les dépenses de R&D ou en marketing pour ses appareils (enceintes connectées Home, téléphone mobile Pixel…) et dans le cloud, l’informatique dématérialisée.

Interrogé sur la mise en place du Règlement européen sur la protection des données (RGPD), en vigueur le 25 mai, le patron de Google, Sundar Pichai, a précisé que le groupe y travaillait depuis dix-huit mois.

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«Il est important de comprendre que l’essentiel de notre activité dans la publicité est basé sur la recherche [sur internet], qui se contente d’une [quantité] d’information très limitée, essentiellement les mots clés, pour montrer une publicité ou un produit pertinents», a assuré Sundar Pichai. Pour la suite, note Daniel Ives, «la grande question qui demeure, c’est quel sera l’environnement réglementaire pour Google, lié à la fois au [scandale] Facebook et au RGPD».

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