Etats-Unis

Les résultats mitigés d'AT&T contrebalancés par la future acquisition de Time Warner

Le bénéfice net de la société de télécommunications a reculé de 3% en 2016. AT&T est optimiste sur les réformes fiscale et des réglementations envisagées par Donald Trump

Le géant américain des télécoms AT&T a publié mercredi des résultats mitigés, mais s'est dit optimiste sur «l'effet stimulant» que pourraient avoir sur son activité les réformes, notamment fiscales, envisagées par le nouveau président Donald Trump.

Il a également réaffirmé sa conviction de pouvoir finaliser d'ici la fin de l'année son mariage avec le groupe de médias Time Warner, qui doit accélérer son recentrage sur la vidéo mais nécessite toujours un feu vert des autorités.

AT&T a vu son bénéfice net reculer de 3% l'an dernier, à près de 13 milliards de dollars, et même plonger de 39% à 2,4 milliards au quatrième trimestre où il a notamment été plombé par des frais de fusion et d'intégration.

Le bénéfice trimestriel par action, qui sert de référence à Wall Street, a malgré tout atteint les 66 cents qu'anticipaient les analystes. Le chiffre d'affaires en revanche a déçu sur les trois derniers mois avec un repli de 0,7% à 41,8 milliards de dollars, quand le marché espérait dépasser la barre des 42 milliards. Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires est en hausse de 12% à 163,8 milliards de dollars.

Trump opposé à la transaction avec Time Warner

AT&T est, avec Verizon, l'un des deux géants de la téléphonie mobile aux Etats-Unis, un marché très concurrentiel et de plus en saturé. Il a toutefois entrepris ces dernières années de diversifier son activité vers la distribution et les contenus télévisés, avec une série d'acquisitions «transformatrices».

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Les deux plus importantes sont celle de l'opérateur satellitaire DirecTV, bouclée à l'été 2015, et celle annoncée en octobre de Time Warner. AT&T a prévu de payer un peu plus de 85 milliards de dollars pour le propriétaires des studios Warner Bros et des chaînes CNN ou HBO (et même près de 109 milliards de dollars en incluant la reprise de dette).

Le nouveau président américain Donald Trump avait toutefois exprimé durant la campagne électorale son opposition à la transaction, qui a aussi été critiquée par des élus démocrates et d'autres groupes de médias.

«Nous restons confiants dans le fait que l'opération sera approuvée au cours de cette année», a réaffirmé mercredi le directeur financier John Stephens, lors d'une téléconférence avec des analystes .

La réforme fiscale de Trump aurait un «effet stimulant»

En attendant, le groupe table pour 2017 sur une croissance de son chiffre d'affaires «d'un bas pourcentage à un seul chiffre» (les analystes tablent jusqu'ici sur environ +1,5%) et autour de 5% pour son bénéfice par action.

John Stephens a relevé que ces prévisions ne prenaient pas en compte l'effet potentiel des réformes envisagées par la nouvelle administration, qui laissent espérer selon lui «un environnement réglementaire potentiellement plus favorable» et une baisse de la fiscalité des entreprises dont AT&T serait l'un des clairs bénéficiaires.

Le PDG, Randall Stephenson, a indiqué pour sa part avoir été «impressionné» lors d'une entrevue avec Donald Trump il y a quelques semaines. «Je rencontrais un patron», a-t-il noté, évoquant «un agenda très spécifique sur ce qu'il estimait essentiel, et c'était une réforme fiscale et une réforme des réglementations».

«Je suis parti avec un degré d'optimisme sur le fait que cela pourrait effectivement être fait cette année.»

Or il a expliqué que si la fiscalité diminuait, AT&T lui-même augmenterait dans ce cas ses niveaux d'investissements, et que si toutes les autres entreprises se mettent à investir de la même manière, cela aurait «un effet stimulant sur notre base de clients».

Dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York, l'action AT&T était en légère hausse de 0,17% à 41,46 dollars vers 23h45 GMT. 

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