La Banque cantonale vaudoise publie jeudi un bénéfice net pour l’exercice 2009 en baisse de 16% à 301,4 millions de francs alors que son volume d’affaires est en hausse de 5% et la plupart de ses activités sont en croissance. «Nos résultats se normalisent», a expliqué en conférence de presse à Lausanne le directeur général Pascal Kiener. Après plusieurs exercices marqués par des bénéfices extraordinaires, celui de 2009 est le premier depuis le milieu de la décennie à refléter l’état réel des affaires de la banque. Celle-ci a fini de céder des actifs non-stratégiques dont le bénéfice tiré de la vente gonflait la profitabilité générale de l’établissement.

La banque va néanmoins élever son dividende à 21 francs au lieu de 20, et procéder à un remboursement partiel de 10 francs par action. Les actionnaires toucheront 267 millions de francs. L’Etat de Vaud, qui détient 67% du capital, en recevra 179. Les marchés ont accueilli favorablement ces résultats qui sont plus élevés que les attentes.

Le total des résultats s’affiche en progression de 5% à 975,6 millions de francs. Les charges restent contenues à 505,6 millions. Le ratio coûts/bénéfices est de 60%, en légère baisse par rapport à celui de l’année précédente.

L’activité qui a enregistré la croissance la plus forte est le négoce. Son résultat bondit à 98,6 millions de francs au lieu de 37 millions l’année précédente, qui avait été plombée par les marchés. «Nous étions tombés si bas que nous ne pouvions que rebondir» a expliqué Pascal Kiener. La banque a cessé les opérations pour son propre compte.

La fortune gérée a progressé de 14% à 76,2 milliards de francs en cours d’exercice. Les apports nets de nouveaux fonds atteignent 3,1 milliards, arrivés dans leur majorité au premier semestre. Néanmoins, les revenus de cette activité sont en baisse de 4% à 231 millions de francs. La banque veut développer ses affaires auprès de la clientèle institutionnelle, principalement en Suisse alémanique.

Les opérations de crédit, qui constituent le socle des affaires, restent stables. Le produit des opérations d’intérêt atteint 507,5 millions de francs, en hausse de 1%. Le volume des prêts a progressé, notamment les hypothèques. Néanmoins, la marge d’intérêt a baissé à 1,45% au lieu de 1,51% en 2008.

La direction de la banque exprime un «réalisme prudent» quant aux perspectives conjoncturelles pour 2010. Elle s’attend à une croissance de 0,7% à 1% de l’économie suisse, un niveau insuffisant pour contenir la hausse du chômage.