Le groupe bâlois Novartis a vu son chiffre d'affaires augmenter de 1% au premier trimestre à 16,3 milliards de francs. C'est l'évolution défavorable de la division agribusiness qui a fait souffrir le géant pharmaceutique. En effet, les ventes de produits agrochimiques ont chuté de 10% (–9% en monnaies locales) sur les six premiers mois de l'année à 4,778 milliards de francs. Aussi, pour «faire face à un environnement économique peu favorable dans le domaine agricole» Novartis a lancé le projet «Focus» pour restructurer cette division. Le géant pharmaceutique bâlois va ainsi supprimer 1100 emplois dans le monde (sur un total de 18 000), dont 150 à 200 en Suisse. Raymond Breu, chef financier de Novartis, a expliqué que des informations plus concrètes seront données d'ici à la fin de l'année. Avec cette restructuration, le groupe bâlois entend générer une économie annuelle de 100 millions de francs. Les effets de cette mesure ne se feront sentir pleinement que d'ici à deux ans. En attendant, des provisions à hauteur de 90 millions de francs ont déjà été constituées pour faire face aux charges de la restructuration des effectifs qui sera réalisée en une seule fois.

Toujours dans la division agrochimique, la baisse du chiffre d'affaires du secteur «Crop protection» de –11% à 3,325 milliards de francs est le reflet d'un marché difficile aux Etats-Unis et en Europe dû en particulier à la réduction des surfaces cultivées et des pressions sur les prix. Le secteur des semences a vu ses ventes reculer de 7% à 990 millions de francs en raison des importantes pressions sur les prix et des réductions des surfaces cultivées en maïs en Europe et dans les pays de l'Alena. Le chiffre d'affaires du secteur santé animale a, quant à lui, diminué de 7% à 463 millions de francs.

La division santé – la plus importante du groupe – a enregistré une progression de ses ventes de 6% à 9,014 milliards de francs. Le chiffre d'affaires du secteur pharma a augmenté de 5% à 7,388 milliards de francs. Aux Etats-Unis, ce secteur a augmenté de 10%, permettant de compenser une performance assez terne au Brésil due notamment à la situation économique. Le secteur des médicaments génériques a connu une croissance «remarquable» de 11% à 858 millions de francs, grâce au dynamisme des ventes de détail de produits pharmaceutiques génériques en Allemagne et aux Etats-Unis. Le chiffre d'affaires de Ciba Vision a progressé de 3% avec notamment la progression des lentilles jetables à remplacement quotidien. L'acquisition des activités de lentilles intra-oculaires de Mentor, annoncée en mai, a marqué l'entrée de ce secteur dans le prometteur marché de la chirurgie ophtalmologique. Enfin, la nouvelle division santé des consommateurs a connu un «démarrage impressionnant», avec une progression des ventes de 6% à 2,514 milliards de francs.

Pascal Franc, analyste financier auprès de la banque privée genevoise Mirabaud & Cie, n'a pas été surpris par la faiblesse de la progression des ventes de Novartis. «On s'attendait même au pire», a-t-il lancé. Par contre, il admet que les ventes de la division agrochimique sont meilleures que prévu. Toutefois, l'analyste révise ses estimations à la baisse. Pour 1999, Pascal Franc évalue le bénéfice par action à 89,1 contre 90,5 avant l'annonce du chiffre d'affaires, ce qui donne une progression de l'ordre de 0,7%. Pour 2000, le bénéfice par action devrait atteindre 99,2 contre une prévision de 101,3 auparavant. Pour l'instant, l'analyste attend avec impatience les résultats des deux groupes pharmaceutiques, que ce soit Roche ou bien Novartis. Même si pour l'instant Roche tient la corde grâce au Xenical, Pascal Franc souligne que Novartis a dans son «pipeline» toute une série de médicaments qui pourraient dynamiser le groupe. Il n'en demeure pas moins que le marché a sanctionné l'annonce des ventes de Novartis. Ainsi, l'action du groupe bâlois a perdu du terrain et a terminé la séance en recul de 11 francs à 2231 francs.