Les analystes s'attendaient à un bénéfice net de Société Générale compris entre 1,5 et 1,6 milliard d'euros au premier semestre par rapport aux six premiers mois de 1999. La banque française a annoncé en fait un résultat net part du groupe en hausse de 27,6% à 1,635 milliard. Or, le titre a chuté suite à la diffusion de cette information car, dans le détail, ce résultat est moins bon qu'il n'y paraît. Si la progression du bénéfice net a effectivement été très forte (+53%) au premier trimestre, elle s'est considérablement ralentie ces trois derniers mois avec une croissance de seulement 7% en raison de la stagnation des revenus de l'investment banking. «Il existe un élément saisonnier dans ces résultats, a expliqué Daniel Bouton, PDG de SG. Ces trois dernières années, le deuxième trimestre a toujours été plus faible que le premier.» Frederic Sauvegrain, directeur-associé d'ODB Equities à Paris cité par l'agence Bloomberg, n'est pas convaincu: «Il s'agit clairement d'un ralentissement.» Soulignons que le bénéfice du second trimestre, bien que plus bas que celui du premier, a été porté notamment par les unités banque de détail et asset management.

Daniel Bouton a encore contribué à la dégringolade du titre, qui a clôturé à 63,25 euros, en baisse de 9,6%, lorsqu'il a souligné que la banque n'avait pas acheté de parts dans ses rivaux Commerzbank et Crédit Lyonnais, ruinant ainsi les spéculations sur une acquisition. «Il est exact que Cobra (actionnaire principal de la Commerzbank avec 17% du capital, ndlr) a proposé ses titres à beaucoup de banques, dont SG, mais SG n'a pas acheté les titres de Cobra», a précisé Daniel Bouton qui a par ailleurs confirmé que sa banque détenait une participation de 3,9% dans le Crédit Lyonnais – et pas plus comme les rumeurs le laissaient entendre –, participation qui constitue «un placement d'avenir». Daniel Bouton a conclu en indiquant ne pas être pressé de voir sa banque fusionner sans pourtant exclure cette possibilité. «Ceci pose la question de savoir si Société Générale est assez importante pour rivaliser (avec des concurrentes) en Europe», a commenté le gérant Marc

Renaud.