Le marché de la construction semble échapper à la morosité ambiante. Les derniers résultats de Zschokke le prouvent. En effet, le groupe va surpasser son objectif de chiffre d'affaires pour 2001. Selon Christian Bubb, président de la direction du groupe, «les ventes dépasseront 1,5 milliard», alors que la société avait réalisé un chiffre d'affaires de 1,23 milliard de francs en 2000. Cette progression de 22% est pour le moins réjouissante. Le géant de la construction en Suisse prévoit pour 2001 un cash-flow qui dépassera les 50 millions de francs, un endettement net ramené à zéro et un résultat global estimé à quelque 11 millions de francs. Pour les actionnaires, cette bonne santé financière se concrétisera lors de la prochaine assemblée générale qui aura lieu en mai prochain par le versement d'un dividende de 12%.

L'important projet de développement immobilier de Talwiesen (ZH) d'une valeur de 190 millions de francs influence positivement les résultats de cette année et des prochains exercices. De son côté, le carnet de commandes du groupe est bien garni (voir graphique). «De bonne qualité» d'après l'entreprise, il porte sur plusieurs années. Voilà pourquoi, «en dépit de perspectives conjoncturelles plutôt maussades, le groupe attend à nouveau de bons résultats en 2002».

L'intégration de l'entreprise totale Göhner Merkur et de Göhner Merkur Immobilienmanagement se poursuit dans les meilleures conditions; elle aura été menée à bien d'ici à la fin de cette année. Grâce cette réussite, Zschokke a renforcé sa forte position sur le marché, dans l'entreprise générale et totale et dans la gérance immobilière.

Selon Marlies Henggi, économiste à l'Office fédéral de la statistique (OFS), «la construction suisse a connu pendant l'année 2000 le meilleur résultat depuis 1994, avec une stabilisation nette des investissements. Cette évolution devrait se poursuivre cette année avec un léger ralentissement en 2002». Au total, le marché annuel de la construction en Suisse est estimé à 42 milliards de francs. Ces perspectives plutôt bonnes devraient ainsi théoriquement faciliter les négociations salariales dans ce secteur. Mais la réalité est tout autre.

Les ouvriers du secteur de la construction par le biais du Syndicat industrie et bâtiment (SIB) réclament une augmentation de salaire de 250 francs par mois, une retraite anticipée à 60 ans et la fin de la déréglementation du travail. Pour l'instant, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) propose une augmentation de 40 francs par mois, auxquels s'ajoutent 40 francs au mérite. Pour René Müller, responsable de la SSE, les choses sont claires: «Les revendications des syndicats portant entre autres sur une adaptation de salaire, l'introduction de la retraite anticipée, des jours fériés supplémentaires et des indemnités de repas de midi pour toute la Suisse, entraînent une augmentation de la masse salariale de 8 à 10% au total. Ce qui est tout simplement inacceptable.»