L’avenir de l’industrie pharmaceutique n’est plus dans des mégafusions mais dans le retour aux fondamentaux. C’est-à-dire à la priorité donnée à l’innovation via une meilleure compréhension des mécanismes biologiques qui règlent et dérèglent le corps humain. Ce qui était, il y a quelques années, une sorte de slogan dans la bouche de Daniel Vasella, alors que Novartis continuait à engager des centaines de vendeurs de «blockbusters», devient peu à peu réalité pour le groupe bâlois. Le parcours de Pfizer, obligé de fusionner faute d’avoir su restructurer à temps sa recherche, marque la branche. La crise économique l’aidera aussi à garder les pieds sur terre. A tout prendre, mieux vaut, même du point de vue des actionnaires, une croissance modérée et régulière, plutôt que des succès flamboyants, mais éphémères.

Finalement, Daniel Vasella devrait remercier les autorités françaises qui ont empêché la fusion avec Aventis au printemps 2004. Cet «échec» a obligé le groupe à choisir une autre voie qui porte ses fruits aujourd’hui.