Après ceux du soja, les cours du maïs ont atteint des sommets historiques sur le marché de Chicago, alors que les deux tiers du territoire américain sont déclarés en état de sécheresse. Poursuivant leur quatrième année d’appréciation consécutive, les épis ont vu leur prix s’envoler de 61% depuis le 15 juin.

Vers un repli

Le blé affiche de son côté une hausse de 46% sur la même période et se dirige d’autant plus vite vers ses records qu’il est utilisé pour le bétail comme produit de substitution à un maïs hors de prix. La publication des estimations de récolte par le Département américain de l’agriculture, le 10 août prochain, sera le rendez-vous clé de l’été sur la scène agricole mondiale.

Jeudi, l’International Grain Council a, lui, déjà réduit ses prévisions de production mondiale, toutes céréales confondues, pour 2012-2013. Les récoltes de blé sont attendues en repli de 4,5%. Le même constat vaut pour le maïs; alors que sa consommation mondiale devrait progresser de 1%.

«Attention à la remise en place de restrictions sur les exportations, qui ne feraient qu’empirer la situation», préviennent les experts de Barclays. La Russie, l’Ukraine ou le Kazakhstan sont les premiers pays soupçonnés, en raison du recours à de tels embargos il y a deux ans.

Par rapport aux crises de 2008, certains facteurs pourraient cependant limiter l’impact de cette envolée sur les importateurs de grains.

Répit sur les tarifs du fret

D’une part, le dollar – la monnaie d’échange des céréales – a vu sa valeur faiblir par rapport à de nombreuses devises émergentes. D’autre part, les tarifs du transport maritime en vrac ont encore baissé la semaine dernière, en raison de l’environnement économique morose et de l’abondance de navires disponibles. L’indice Baltic Dry Index – la moyenne des tarifs pratiqués sur 24 routes – est passé vendredi sous les 1000 points. Fin mai 2008 le même indice avait touché un record de 11 793 points.