Retour à Davos. Un an après l'échappée new – yorkaise, le World Economic Forum (WEF) reprend ses quartiers dans la station grisonne du 23 au 28 janvier. La rencontre se déroulera sur le thème «rétablir la confiance» et accueillera 3000 participants. «Je ne me souviens pas dans l'histoire du Forum d'un moment aussi particulier en termes de complexité, de fragilité et de vulnérabilité au regard de la situation mondiale», selon Klaus Schwab, fondateur de l'institution basée à Genève. C'est ce qui ressort du sondage effectué auprès de 34 000 personnes dans 46 pays pour le compte de la fondation et publié mardi. L'étude démontre une perte de confiance significative dans les institutions, politiques notamment. Environ deux tiers des sondés estiment ainsi que leurs autorités ne gouvernent pas en fonction des aspirations populaires.

Klaus Schwab a dévoilé hier le programme de la 33e édition du Forum, qui se déroule dans une période pendant laquelle (le lundi 27 janvier) Hans Blix remettra au Conseil de sécurité de l'ONU le rapport des experts en désarmement en Irak. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell sera à Davos durant le week-end (deux jours ou un, ce n'est pas encore décidé) mais présent aux Etats-Unis le «jour J». Klaus Schwab a assuré qu'il savait de la bouche de l'ambassadeur américain en Suisse, Mercer Reynolds, que la rencontre entre le ministre américain et la conseillère fédérale Calmy-Rey aurait lieu, comme l'avait souhaité cette dernière (lire en page 9). John Ashcroft, le ministre américain de la Justice, sera lui aussi présent à Davos.

Si le thème de l'Irak sera central et traversera de nombreux débats, le WEF n'a pas prévu de séminaire sur l'opportunité ou non d'une guerre dans le Golfe. «Nous sommes une plate-forme où se rencontrent les décideurs politiques, économiques, religieux et les médias», souligne Jose Maria Figueres, de la direction générale du WEF. «Nous ne négocions pas à Davos, qui reste un catalyseur d'idées mais pas une organisation orientée vers l'action», a rajouté Klaus Schwab. La sécurité du WEF, qui avait été très critiquée en 2001, même par les hommes d'affaires, à cause de mesures de sécurité très voyantes (fils de fer barbelés, points de contrôle avec des policiers en tenue quasi militaire), devra prouver cette année qu'elle peut tout à la fois rassurer ses hôtes et canaliser une manifestation d'opposants dans la station le samedi 25 janvier.

Participation de Lula

Parmi les personnalités politiques présentes, Lula, le tout nouveau président brésilien qui devrait participer à un séminaire sur la globalisation le dimanche 26, inaugurera Porte Alegre avant de se rendre en Suisse. Seront aussi à Davos les présidents ou les plus hautes autorités politiques de nombreux pays, de la Colombie au Mexique en passant par le Pérou, la Finlande, l'Allemagne, la Hongrie, l'Ukraine, le Sénégal, l'Arabie Saoudite et la Malaisie par exemple – mais pas de l'Autriche, comme l'a déploré Klaus Schwab. Outre Micheline Calmy-Rey et Pascal Couchepin, président de la Confédération, seront présents les conseillers fédéraux Joseph Deiss et Kaspar Villiger.

En tout, se retrouveront à Davos 250 leaders politiques, 200 représentants religieux et des ONG (dont Transparency, WWF, Amnesty International et Human Rights Watch), des universitaires et de nombreux représentants des médias sans oublier des artistes, comme par exemple l'acteur américain Richard Gere. Le Forum organisera 270 conférences autour du thème fédérateur «rétablir la confiance». Parmi le millier de CEO's participants, on retrouve une forte délégation américaine. Outre Carly Fiorina de HP Compaq, une habituée de l'événement, on relève par exemple la présence de Bill Gates de Microsoft, Phil Condit de Boeing et Michael Dell de la société informatique éponyme. Parmi les responsables de grandes entreprises, on dénombre 30% d'Américains, 40% d'Européens et près de 10% de Suisses (dont Marcel Ospel de UBS, Daniel Vasella de Novartis et Peter Brabeck, Autrichien de passeport, mais CEO de Nestlé).