Les Etats-Unis vont-ils quitter l’Organisation mondiale du commerce? La perspective paraît d’autant plus irréelle que les Américains ont joué un rôle majeur pour mettre en place un système international fondé sur le libéralisme. Et pourtant, à l’heure où s’en va le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, la question est dans l’air. Même s’il ne l’a plus fait depuis 2005, le Congrès peut voter tous les cinq ans sur une résolution conjointe sur l’appartenance des Etats-Unis à l’OMC. Un tel vote pourrait bien avoir lieu cette année, avant la présidentielle américaine du 3 novembre.

A Washington, le sénateur républicain Josh Hawley ne laisse planer aucun doute sur ses intentions: dans une tribune publiée le 5 mai dans le New York Times, il est catégorique: «L’OMC doit être abolie» au même titre que le «système économique global». Il appelle le Congrès à voter pour un retrait américain de l’OMC. Ses arguments: «Les organisations internationales comme l’OMC ont permis la montée en puissance de la Chine et ont servi les élites globales tout en sapant l’industrie américaine installée dans des petites villes ou grands centres urbains.» Le sénateur, cité par Politico, appelle à un retour de la production et des chaînes d’approvisionnement aux Etats-Unis. «Se retirer de l’OMC est un premier pas.»