Rente ou retrait du capital? Le choix des modalités de versement de la fortune de prévoyance épargnée au titre du deuxième pilier a des conséquences non négligeables. Il convient ici de mettre dans la balance sécurité et souplesse.

Les personnes dont le salaire assuré est proche de la part obligatoire LPP minimum, ou celles qui ont un capital vieillesse inférieur à 300 000 francs et qui ne disposent d’aucun actif significatif opteront de préférence pour une rente. Elles connaîtront ainsi avec certitude le revenu attendu à la retraite et peuvent encore bénéficier du taux de conversion légal en vigueur de 6,8%. Pour la plupart des autres assurés, les avantages d’un retrait du capital devraient prévaloir.

Souplesse et avantages fiscaux

Le principal avantage d’un retrait du capital est la plus grande souplesse qu’il offre. Il est en effet possible de déterminer ainsi soi-même quand et combien de fonds sont utilisés. A cela s’ajoute un régime fiscal privilégié: alors que la rente versée par la caisse de pension est imposée à vie comme revenu, le capital versé n’est imposé qu’une seule fois – séparément des autres revenus et à un barème plus avantageux. Le capital versé est ensuite considéré comme fortune imposable, et seul le rendement de la fortune réalisé est imposé au titre de revenus. Dans les cantons de domicile ayant une imposition modérée du capital touché, ce facteur peut jouer un rôle déterminant, et un échelonnement des versements sur plusieurs années fiscales permet d’optimiser encore le montant imposable total.

Le fait que les fonds soient affectés, après le retrait du capital, à la fortune privée a des avantages considérables. En cas de décès, le capital encore disponible est réparti entre les héritiers; si une rente est versée, il n’y a «qu’une» rente de veuve ou de veuf. Les couples avec enfants devraient cependant régler leur succession pour que le partenaire (conjugal) survivant soit couvert, faute de quoi la moitié de la fortune est versée aux enfants. Les taux de conversion continuellement à la baisse pour la part LPP surobligatoire peuvent également être contrebalancés par un retrait de capital, car plus le revenu assuré est élevé, plus la dilution et l’effet de réallocation sont importants.

Les personnes qui préfèrent retirer leur capital devraient cependant respecter certains points. La décision de retrait du capital est irréversible et doit donc être mûrement réfléchie. Fondamentalement, un retrait du capital est attrayant en tant que produit d’un calcul mixte entre taux de conversion, espérance de vie supposée et rendements sur le capital investi projetés. Afin de lisser sur vingt ans le versement de rentes sur la base du taux de conversion de 6,8% et après déduction de l’impôt sur le revenu dû, il faut obtenir un rendement du capital de quelque 3%. Cela n’est pas impossible, mais il faut de bonnes connaissances en matière financière.

Retrait du capital souvent nécessaire pour amortir l’hypothèque

En cas de retrait du capital, il faut que les recettes et dépenses soient en adéquation, et les frais de subsistance doivent être gardés précisément sous contrôle. A cet égard, relevons encore que nombre d’assurés doivent opter pour le retrait du capital, car les prescriptions strictes des banques commerciales en matière de viabilité nécessitent un amortissement des hypothèques à la retraite. Or, bon nombre de nouveaux retraités ne sont pas du tout en mesure de le faire sans retirer leur capital.

Quiconque touche son capital avant 65 ans devrait tenir compte du fait qu’en cas de défaut de revenus, la nouvelle fortune sert de base pour les paiements AVS obligatoires jusqu’à l’âge de 65 ans. Tant qu’il n’y a pas encore un modeste revenu servant de base pour le calcul des cotisations AVS, cela peut coûter cher. En cas de rachats dans la caisse de pension, il faut en outre tenir compte de la période de blocage de trois ans.

Le retrait du capital a de nombreux avantages, mais il suppose une plus grande responsabilité individuelle pour le financement des années restantes. Un conseil financier indépendant peut aider à analyser tous les actifs et les flux de revenus possibles, et permettre d’établir ainsi une planification financière précise pour la retraite.