Sur le seul mois de septembre, les hedge funds américains ont vu s'enfuir au moins 43 milliards de dollars, selon les statistiques de l'institut de recherche spécialisé TrimTabs. Ce n'est qu'un début, estime un responsable de l'institut: «Les retraits devraient être encore plus importants en octobre.» Une estimation de JPMorgan Chase chiffre à 150 milliards de dollars les fonds qui seront retirés dans le délai d'une année.

Ces retraits massifs de la part d'investisseurs - principalement des fonds de pension, des banques et des assurances - qui cherchent à sécuriser leur argent sont au centre du cercle vicieux qui provoque la chute des bourses. Pour pouvoir rendre leur argent à leurs investisseurs, les hedge funds sont contraints de liquider d'énormes positions sur les marchés, et ce à n'importe quel prix.

Amputée de moitié

Le problème, c'est l'effet de levier. Un hedge fund, pour investir, s'endette lourdement auprès des banques. Toujours selon les estimations de JPMorgan Chase, pour rendre 150 milliards de dollars à leurs investisseurs, les hedge funds devront en liquider 400 milliards afin de rembourser aussi leurs banques.

L'industrie des hedge funds, ou fonds d'investissements spéculatifs, pèse 2000 milliards de dollars. Certains estiment que ce volume pourrait être amputé de moitié dans le courant des prochains mois déjà. D'une part en raison des retraits, d'autre part à cause des pertes sur leurs investissements.

Les deux principaux fonds de Citadel, qui totalisent 15 milliards de dollars, ont perdu entre 26 et 30% cette année. Le fonds Highland, qui pèse 14 milliards, est en train de massivement déboucler ses positions, selon des sources internes citées par la chaîne américaine CNBC.