Une nouvelle étude vient le confirmer: jamais le télétravail n’aurait réalisé une avancée aussi spectaculaire sans la pandémie de coronavirus. Et l’expérience, forcée, est loin d’avoir déplu. Un sondage réalisé par le groupe de construction Steiner montre que 91% des personnes pour qui le télétravail est possible veulent continuer. Malgré la fin probable et imminente de cette obligation édictée par le Conseil fédéral.

Néanmoins, ils sont nombreux à regretter les interactions sociales avec leurs collègues, et donc à vouloir aussi retourner en partie au bureau. Quelque 37% des répondants estiment passer trop de temps chez eux actuellement. Ils sont 55% à souhaiter partager leur temps de travail à parts égales entre leur domicile et leur bureau. Et ils ne sont que 36% à vouloir travailler plus souvent au sein de leur entreprise. Mais les sondés sont seulement 5% à vouloir complètement renoncer au télétravail.

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Le sondage, dont les détails seront présentés mardi, révèle aussi que les Suisses veulent le beurre et l’argent du beurre. Car les personnes qui veulent pouvoir combiner travail à domicile et au bureau veulent que celui-ci se trouve dans une situation centrale, bien desservie par les transports publics. Et pouvoir également conserver leur propre place de travail. «Les personnes qui ont déjà expérimenté le travail dans des bureaux ouverts accueillent plus favorablement les modèles de lieu de travail flexibles», notent les auteurs de l’étude.

Un sondage intéressé

L’étude de Steiner a été menée début avril, auprès d’un millier de personnes actives en Suisse alémanique et en Suisse romande, dont une bonne moitié peut ou pourrait faire du télétravail. Et si le groupe de construction a mandaté ce sondage, c’est parce que les aspirations des Suisses en matière de logement et de travail ne sont pas sans conséquences sur la façon dont il doit et va devoir concevoir ses futurs bâtiments.

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Pour ce qui est des logements, «nous tenons compte du souhait d’une pièce supplémentaire dédiée au télétravail. Notre portefeuille de projets contient de nombreux logements de 4,5 et 5,5 pièces», affirme Michael Schiltknecht, le directeur du développement chez Steiner.

Dans sa dernière étude, publiée en avril, Wüest Partner constatait en effet une demande accrue pour des logements plus spacieux. Entre février 2020 et février 2021, «le nombre d’abonnements de recherche [sur les sites d’annonces, ndlr] pour des appartements de 3 à 4,5 pièces est nettement plus élevé. Sachant que les ménages d’une ou deux personnes représentent une part toujours plus importante, ce constat est particulièrement impressionnant», écrivent les experts du bureau de conseil immobilier.

Réduire les coûts

Du côté des immeubles de bureaux, le groupe Steiner a également pris note. Il a même développé un concept, appelé «Manufakt». «Contrairement aux immeubles commerciaux précédents, ceux-ci sont faits d’espaces modulables et flexibles, de salles de réunion partagées et disponibles à la demande, détaille le porte-parole de l’entreprise zurichoise. Les services de restauration sont par ailleurs proposés en libre-service. L’objectif: réduire les coûts des espaces qui ne sont qu’occasionnellement utilisés.

Le premier complexe du genre ouvrira ses portes à Alstetten (ZH). D’autres suivront à Wädenswil (ZH) et à Winterthour. En Suisse romande, le créneau du bâtiment flexible sera aussi éprouvé. Mais aucun projet concret n’est encore prêt à être annoncé, selon Michael Schiltknecht.

Si Steiner est sûr de son concept, il reste néanmoins une incertitude: à quel point les chefs d’équipe et les employeurs seront-ils ouverts au télétravail lorsque la normalité aura repris son cours? Le sondage n’y répond pas. Mais il en ressort que les cadres dirigeants (51%) et les membres de la direction (61%) font du télétravail et «en apprécient visiblement les avantages». Ils étaient 42% et 37% à y recourir avant la pandémie.

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