Si Riad Salamé subit le feu des critiques au Liban, c’est que les agissements reprochés au gouverneur de la banque centrale du pays sont étroitement imbriqués dans l’histoire économique récente – et particulièrement difficile – du Liban. D’après la demande d’entraide adressée au Liban par la Suisse en novembre 2020, à laquelle a eu accès Le Temps, Riad Salamé a confié en avril 2002 la vente d’obligations libanaises à une société contrôlée par son frère Raja. Le compte de cette société chez HSBC Private Bank à Genève a été crédité de plus de 326 millions de dollars de commissions entre 2002 et 2014, selon les procureurs fédéraux. Une partie de ce montant – plus de 7 millions – a atterri sur un compte contrôlé par Riad Salamé chez Julius Baer à Zurich entre 2008 et 2012, d’après la demande d’entraide. Les deux frères Salamé bénéficient de la présomption d’innocence.

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