Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Ricardo Guadalupe, patron de Hublot, ici lors d’un événement à Mugello (Italie).
© DR

Horlogerie

Ricardo Guadalupe: «Le golf permettra à Hublot de toucher une nouvelle clientèle»

La marque en mains du groupe LVMH lance une montre dédiée au golf. Hublot arrive à une certaine maturité, explique son patron Ricardo Guadalupe. Et peut donc désormais viser une nouvelle clientèle

Hublot avance ses pions dans le golf. La semaine dernière à Shanghaï, la marque horlogère de Nyon a lancé une montre mécanique spécialement dédiée aux adeptes des dix-huit trous. Traditionnellement présente dans le football et les sports mécaniques, Hublot confirme ainsi son envie de se faire une place dans cette nouvelle discipline, elle qui est déjà associée avec le numéro un mondial Dustin Johnson ou le champion olympique Justin Rose. Ricardo Guadalupe, patron de la marque en mains du groupe LVMH, détaille ses ambitions dans le marketing sportif.

Le Temps: Pourquoi avoir lancé une montre exclusivement dédiée au golf?

Ricardo Guadalupe: La philosophie de Hublot est d’être premier, différent et unique. Dans le cas du golf, où nous ne pouvons pas être premiers, nous nous sommes demandé comment nous pourrions nous distinguer de nos concurrents également présents dans ce sport. D’où cette idée de lancer cette montre qui dispose d’un module mécanique, développé par nos soins, qui permet de calculer son score de golf. [NDLR: Le designer] Gérald Genta avait certes déjà fait quelque chose dans cette veine, mais c’est la première fois qu’une montre affiche cette complication de cette façon-là.

– Vous êtes déjà lié à Ferrari et au monde du football. Que recherchez-vous avec le golf?

Après ces dix dernières années de croissance, Hublot est arrivée à une certaine maturité. Nous pouvons dès lors nous permettre d’entrer dans des univers qui sont a priori plus compliqués pour nous. Nos deux piliers vont rester le football et Ferrari mais le golf nous permettra de toucher une nouvelle clientèle, notamment en Chine où ce sport reste très élitiste et rare. Il y a aussi les Etats-Unis; nous sommes très forts dans le football, mais ce sport n’y est pas très populaire.

Lire aussi:  En dix ans, Jean-Claude Biver s’est approprié le football mondial (13.07.2016)

– Qu’entendez-vous par «des univers plus compliqués»?

– Hublot entre dans la cour des grands. Le succès d’une marque horlogère se mesure notamment à l’importance de ses ventes et je ne révèle pas de secret en vous disant que nous approcherons du demi-milliard de francs de chiffre d’affaires cette année. Dans notre segment de prix, cela nous place derrière Patek Philippe, Audemars Piguet, IWC et Jaeger-LeCoultre. Autrement dit: nous faisons désormais partie des acteurs qui comptent dans l’industrie et nous pouvons avoir davantage d’ambition dans notre stratégie marketing. Il y a dix ans, cela aurait été insensé de vouloir entrer dans le golf, mais là, il y a définitivement quelque chose à faire.

– Le golf a un problème: il perd des adhérents, notamment aux Etats-Unis. Et il peine à intéresser les jeunes…

– C’est juste, mais qui vous dit que nous ne cherchons pas à nous rapprocher des consommateurs qui ont déjà une certaine maturité?

– Rolex, Omega et Audemars Piguet se taillent déjà la part du lion dans le sponsoring du golf. Pensez-vous qu’il y a encore de la place pour vous?

– Je le concède, ce ne sera pas simple. Mais on ne veut pas attaquer frontalement ces autres marques. Nous avons une approche plus indirecte, qui passe par exemple par le lancement de cette nouvelle montre. Nous n’allons pas non plus sponsoriser de gros événements, mais plutôt nous lier avec des joueurs, continuer d’organiser un tournoi pour nos clients ou les inviter à des événements.

Lire aussi: L’horlogerie est omniprésente dans le sport (26.11.2015)

– Ces dernières années, on a vu Hublot dans la Formule 1, dans la voile avec Alinghi, dans le basket avec les Miami Heats mais cela n’a jamais duré très longtemps. Est-ce que vous tâtonnez?

– Je dirais plutôt que l’on expérimente. Et, oui, ces expériences ont été assez brèves mais cela fait partie de la vie d’une marque. Je le répète: aux Etats-Unis, notre pilier, le football, ne marche pas. Alors nous cherchons d’autres pistes. Et nous y gagnons à chaque fois quelque chose: grâce aux Miami Heat, par exemple, Miami est désormais notre plus grand marché aux Etats-Unis. Dans la Formule 1, c’est un peu différent. Nous y sommes entrés au milieu des années 2000 car la place était libre. Mais quand Rolex s’y est intéressé, nous ne pouvions simplement pas nous aligner. Nous avons donc trouvé une autre voie avec une présence sur la voiture Ferrari.

– Certains affirment qu’au niveau marketing, vous marchez dans les pas d’Audemars Piguet. Que répondez-vous?

– Il s’agit de l’un de nos concurrents principaux. Comme une Rolex et une Omega peuvent se ressembler, nos deux produits les plus forts se ressemblent beaucoup et la base d’inspiration est la même. Dans le monde horloger, il y a des marques qui fonctionnent en grande partie comme cela, par paire et chacune influence un peu l’autre. Sur le marketing, nous nous adressons aux mêmes clients. Il est donc logique que nous ayons des plateformes de communication ressemblantes. Parfois, ils nous suivent aussi: regardez avec le bracelet caoutchouc, nous en faisons depuis nos débuts et Audemars Piguet ne s’y est mis que plus tardivement.

Lire aussi: L’interview du patron d’Audemars Piguet François-Henry Bennahmias: «La crise horlogère n’est pas une crise économique» (28.09.2016)

– En inaugurant votre deuxième usine, Hublot 2, en 2015, vous disiez qu’elle allait vous permettre de fabriquer la moitié de vos 40 000 mouvements annuels à l’interne. Est-ce que cet objectif est atteint?

Lire aussi: Hublot duplique son site de production (29.09.2015)

– En 2017, nous en fabriquerons 14 000, cela prend un peu plus de temps que prévu. Il y a plusieurs explications. Notamment car la montre que nous vendons toujours le mieux, la BigBang en acier et céramique de 2005, tourne grâce à un mouvement Valjoux [acheté à Swatch Group, ndlr]. Nous achetons également des mouvements à Zenith [également dans le groupe LVMH] mais ils sont «hublotisés», ce qui les rend exclusifs.

– Vous disiez également que vous alliez employer 430 personnes à Nyon dès l’an prochain…

– Idem, cela va de pair avec le nombre de mouvements fabriqués. Nous sommes pour l’heure 360 à Nyon et 220 de plus sur le plan mondial.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)