Richemont et Hermès témoignent de la bonne résistance des grandes marques de luxe européennes face à la pandémie de Covid-19. Les actions du groupe genevois seront intégrées le 20 décembre prochain dans l’indice Stoxx Europe 50, qui regroupe les 50 plus grandes entreprises cotées de seize pays de l’Union européenne et de Suisse. Hermès entrera à la même date dans l’indice Euro Stoxx 50, dont les entreprises sont actuellement issues de huit pays de la zone euro. L’annonce a été faite mercredi soir par Qontigo, fournisseur d’indice appartenant à la Deutsche Bank, précise AWP.

Richemont (propriétaire de Cartier, Vacheron Constantin ou encore IWC) remplacera le britannique Vodafone, spécialiste des télécommunications. Il rejoint ainsi d’autres acteurs majeurs du luxe déjà intégrés à cet indice (LVMH, Kering, et L’Oréal) ainsi que les suisses Nestlé, Roche, Novartis, Zurich Insurance, UBS et ABB. Hermès, lui, succédera à Universal Music Group, filiale du français Vivendi.

Des cours au sommet

Le 12 novembre, Richemont a publié ses résultats semestriels décalés (d’avril à septembre), affichant un chiffre d’affaires en hausse de 24% à taux de change constant par rapport à 2019, à 8,9 milliards d’euros (9,3 milliards de francs). Une performance supérieure aux attentes des analystes, qui se retrouve dans les cours boursiers. Depuis le début de l’année, l’action du groupe a progressé de 63%, atteignant des sommets historiques. A l’ouverture jeudi, elle s’échangeait à 135,65 francs. Contacté, Richemont ne commente pas cette annonce.

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La progression est encore plus marquée chez Hermès, qui a vu son chiffre d’affaires augmenter de 57% sur les neuf premiers mois de 2021, à 6,6 milliards d’euros. Là aussi, le cours a atteint des niveaux records (1641 euros jeudi matin), en progression de 85% depuis janvier.

«Ces annonces démontrent la bonne santé de ces deux groupes qui affichent des chiffres extraordinaires. Durant l’année écoulée, les marchés ont mis longtemps à réaliser leurs belles performances globales. Mais il ne faut pas oublier que d’autres sociétés ont souffert de la pandémie», relève Jean-Philippe Bertschy, analyste au sein de la banque zurichoise Vontobel.

Il fait ici référence à la polarisation du luxe européen qui s’est encore accélérée avec le covid. «Les marques qui étaient déjà fortes sont celles qui tirent le mieux leur épingle du jeu, poursuit-il, tandis que d’autres peinent encore à remonter la pente. Cela s’observe aussi chez les consommateurs: les gens fortunés le sont toujours plus, tandis que les plus précarisés voient leur situation se dégrader. On assiste à un renforcement des inégalités.»

Des effets à ne pas surestimer

Pour Richemont et Hermès, l’intégration respective du Stoxx Europe 50 et de l’Euro Stoxx 50 est bénéfique. Elle leur donne davantage de visibilité. Mais aussi parce que les deux groupes entreront automatiquement dans le portefeuille des véhicules d’investissement qui sont adossés à ces indices, ce qui devrait accroître la demande pour leurs titres. «Je ne surestimerais toutefois pas l’impact de cette annonce, dont les effets sont avant tout positifs en termes de ressenti. Le plus important, ce sont les stratégies mises en place pour améliorer leurs résultats financiers, conclut Jean-Philippe Bertschy. Les cours en bourse ne font pas la performance, ils la reflètent.»

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