Rien ne sert de produire lorsque personne n’achète. Ce constat posé vendredi par Jérôme Lambert, directeur général de Richemont, témoigne de l’incertitude à laquelle fait face le numéro deux mondial du luxe. Il s’exprimait lors d’une conférence téléphonique consacrée à la présentation des résultats annuels du groupe. Ceux-ci font état d’un bénéfice net de 931 millions d’euros (-67%), loin des prévisions du consensus d’analystes d’AWP (1,25 milliard). Le chiffre d’affaires de 14,24 milliards (+2%) est en revanche conforme aux attentes.

Si Richemont déclare avoir enregistré de bons résultats jusqu’en janvier, la situation s’est dégradée avec la propagation du Covid-19. Au quatrième trimestre de son exercice 2019-2020, le groupe a vu ses ventes mondiales chuter de 18%. A Hongkong, le déclin a atteint -67%. A cela s’ajoute le fait que l’exercice précédent avait été porté par un gain de 1,38 milliard d’euros, lié notamment à la revalorisation des actions de la plateforme de vente en ligne Yoox Net-A-Porter, acquise par Richemont en 2018. Corrigé de cet effet, le bénéfice de Richemont affiche un recul de 34%.