Dix jours après avoir annoncé d'excellents résultats horlogers (+19%) pour les trois derniers mois de 2005, le groupe de luxe Richemont a informé les 138 employés de son entité HGT Petitjean aux Fins (France) de son projet de cessation d'activités. Des négociations seront menées avec les représentants du personnel, mais la fermeture du site pourrait être effective en avril déjà.

Installée à un jet de pierre de la frontière suisse, HGT Petitjean est une entreprise spécialisée dans la fabrication de bracelets de montres métalliques. Richemont avait acquis cette société en 2001 avant de reprendre, dans la foulée, une autre société créée par Gilbert Petitjean, mais installée aux Brenets (Suisse) et active dans la fabrication de boîtiers.

Dans l'entourage de la direction de HGT Petitjean, et dans l'attente d'un comité d'entreprise prévu le 22 février, on évoque «une situation économique très tendue et une absence d'alternative». C'est la CGT qui a rendu l'information publique, se risquant à annoncer que «Richemont projette de reclasser les salariés au sein des autres sociétés du groupe et notamment chez Cartier». Si la législation française oblige l'employeur à présenter un projet de reclassement, cette déclaration paraît pour le moins optimiste au vu de la situation.

Les difficultés chroniques rencontrées par HGT Petitjean depuis plusieurs années s'expliquent par la concurrence acharnée que livrent les Asiatiques sur ce type de composants, par la baisse des volumes dans l'horlogerie européenne et par le déplacement de la demande sur les bracelets en cuir. Et c'est un secret de polichinelle que d'affirmer que, hors les marques de haute horlogerie, de nombreuses sociétés produisent aujourd'hui leurs bracelets en Asie. Or si Richemont a soutenu jusqu'ici HGT Petitjean, notamment par sa marque Baume & Mercier, cette fermeture pourrait indiquer que le groupe a choisi de changer de stratégie.