Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier: la maxime prend tout son sens à la lecture des résultats du groupe Richemont publiés hier. De fait, pour les six premiers mois de son exercice comptable 2002-2003 bouclé à fin septembre, Compagnie Financière Richemont AG a enregistré un chiffre d'affaires de 1,784 milliard d'euros (en recul de 3%) et un résultat opérationnel en chute de 27% à 185 millions d'euros. Le bénéfice net se monte à 404 millions d'euros (en recul de 5%), soit 134 millions (–19%) en provenance de la branche luxe et 270 millions (+4%) provenant de la participation de 21% que le groupe Richemont détient dans British American Tobacco (BAT).

Si d'aucuns estimaient il y a deux ans que la participation de Richemont dans le tabac était difficilement compatible avec l'image d'un groupe actif dans le luxe, force est aujourd'hui de constater qu'elle contribue grandement à la présentation de résultats certes en baisse, mais meilleurs que ne le prévoyaient la plupart des analystes. Ainsi, la Bourse a d'emblée réagi positivement à ces résultats puisque le titre, après avoir gagné plus de 9% dès les premiers échanges, a clôturé la séance sur un gain de 14%, à 25,5 francs.

Au premier semestre 2002-2003, le secteur de la joaillerie, avec Cartier, Piaget et Van Cleef & Arpels, a vu ses ventes croître de 1% à 397 millions d'euros. Autre secteur en croissance, les instruments d'écriture, à 130 millions d'euros (+1%), confirment la bonne performance enregistrée par Montblanc depuis plusieurs années. Le secteur horlogerie – qui participe pour la moitié des ventes du groupe avec des marques telles que Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, IWC, Baume & Mercier, A. Lange & Söhne, Panerai, Piaget et Cartier – a moins bien performé, puisqu'il se replie de plus de 3% à 847 millions d'euros. A cet égard, il apparaît que les montres acier et acier/or ont mieux soutenu la comparaison que les montres en métal précieux et les montres joaillerie. Enfin, les deux secteurs enregistrant les plus importants reculs sont les vêtements (en baisse de 4% à 285 millions d'euros) et la maroquinerie, qui chute de 9% à 125 millions.

Ventes de Noël très attendues

Sur le plan géographique, Richemont a connu ses principales difficultés en Europe (son premier marché), avec une baisse des ventes de plus de 4% à 779 millions d'euros. L'Asie se replie de 3%, et les ventes sur le continent américain progressent de 2%, à respectivement 667 et 338 millions d'euros. Cependant, les chiffres corrigés des effets de change montrent un accroissement des ventes de 5% en Asie et de 10% sur le continent américain.

Au chapitre des perspectives, Richemont espère que le déclin du bénéfice opérationnel sur l'ensemble de l'exercice 2002-2003 sera moindre que la chute enregistrée durant ce premier semestre (–27%). Mais le groupe ne précise pas si ce résultat devrait être obtenu par une diminution des charges opérationnelles ou par une accélération des ventes. Reste que les ventes de Noël sont fondamentales pour le secteur du luxe et qu'aucun élément ne semble aujourd'hui susceptible de retourner durablement l'attentisme ambiant.