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Image d'illustration:  au Salon International de la Haute Horlogerie en 2017, devant le stand de la marque horlogère A. Lange & Soehne, propriété de Richemont.
© PIERRE ALBOUY / Reuters

Luxe

Richemont renouvelle son modèle de direction

Le départ surprise de Georges Kern et la progression des ventes en ligne poussent le groupe à repenser son organigramme. Jérôme Lambert prend à nouveau du galon et devient le numéro deux du groupe

Johann Rupert avait trois choix. Pour remplacer Georges Kern – parti chez Breitling – à la tête des marques horlogères de son groupe, le propriétaire de Richemont pouvait recruter quelqu’un de l’extérieur. Il pouvait décider de maintenir le statu quo, et compter sur ses patrons de marques. Il pouvait également demander à Jérôme Lambert de prendre des responsabilités supplémentaires. Vendredi, le groupe de luxe genevois a annoncé avoir opté pour la troisième option.

Lire également: Notre portrait de Jérôme Lambert

L’ancien patron de Montblanc, qui avait déjà pris du galon en avril dernier lorsqu’il avait été nommé patron d’une division baptisée «services centraux et régionaux», est donc devenu le numéro deux du groupe, juste derrière le président Johann Rupert. Il supervisera l’ensemble des marques (IWC, Jaeger LeCoultre, Montblanc ou encore Vacheron Constantin), à l’exception de Cartier et Van Cleef & Arpels. Ces dernières resteront pilotées par leur patron respectif, Cyrille Vigneron et Nicolas Bos.

Un nouveau chef pour la distribution

Pour compléter son organigramme de direction, le groupe a par ailleurs annoncé la nomination d’Emmanuel Perrin au poste nouvellement créé de chef de la distribution dans le segment horloger. L’actuel directeur des ventes de Cartier compte vingt-cinq ans d’expérience au sein du groupe. Il complète ainsi une équipe de direction transversale dont la composition avait été révélée en septembre, avec les nominations annoncées de Jean-Jacques van Oosten comme chef du numérique et de Sophie Guieysse comme nouvelle cheffe des ressources humaines.

Lire aussi: Richemont se dote d’un chef du numérique

En l’absence de Johann Rupert, c’est Burkhart Grund qui, lors d’une conférence téléphonique vendredi, s’est attelé à répondre aux interrogations des journalistes et des analystes sur la nouvelle organisation. «Le travail d’Emmanuel Perrin, a expliqué le directeur financier, consistera à se focaliser sur la vente dans nos propres boutiques, à suivre de près les inventaires de nos partenaires détaillants (pour éviter les problèmes de stocks tels que le groupe en a connu récemment, ndlr), mais aussi à saisir des opportunités dans la distribution en ligne.»

«Un vrai grand changement»

Comprendre: le groupe est prêt pour s’adapter à la numérisation et à l’importance croissante des ventes en ligne, phénomène auquel, dans le secteur du luxe également, plus personne ne peut échapper. «Nous sommes désormais dans de bonnes conditions pour répondre aux futurs défis, a affirmé Burkhart Grund. Il s’agit d’un vrai grand changement de vision, avec une volonté de transformer le modèle traditionnel des canaux de distribution. Nous y avons longtemps réfléchi à l’interne, mais il faut maintenant se placer du point de vue du client.»

Burkhart Grund a aussi fait preuve de prudence en précisant que rien n’était jamais définitif. En l’état, en tout cas, la nouvelle structure décisionnelle de Richemont est plus transversale que jamais, observe un proche du groupe genevois. Mais il souligne aussi que Richemont apparaît désormais comme un groupe composé de trois piliers distincts: les marques horlogères, Cartier et Van Cleef & Arpels, cette dernière étant toutefois moins importante en termes de chiffre d’affaires.


Résultats en forte progression

Comme attendu, Richemont a amélioré sa performance au premier semestre de l’exercice décalé 2017/18. Tirant profit d’un meilleur environnement économique, le groupe de luxe genevois a vu son bénéfice net s’envoler de 80% à 974 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires a pour sa part progressé de 10%, par rapport au premier semestre de l’exercice précédent, à 5,6 milliards d’euros (6,42 milliards de francs). A taux de change constants, les revenus ont augmenté de 12%.

Le résultat opérationnel a, lui, bondi de 46% à 1,16 milliard d’euros. La marge d’exploitation correspondante s’inscrit à 20,8%, contre 15,7% un an auparavant. Richemont avait déjà annoncé à mi-octobre s’attendre à une forte progression de sa performance au premier semestre de l’exercice en cours, clos fin septembre, après en avoir terminé avec ses opérations de rachats de stocks. (ATS)

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