Les actionnaires de Richemont devront patienter pour bénéficier du plan de fidélisation présenté par le groupe de luxe genevois le 7 août dernier. Richemont a annoncé mercredi matin son report, trois heures avant la tenue de son assemblée générale à Genève, au cours de laquelle ce plan aurait dû être validé. Il s’agissait du principal point à l’ordre du jour.

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Le conseil d’administration du groupe, présidé par le milliardaire sud-africain Johann Rupert, indique dans un communiqué que cette mesure doit permettre d’étudier la possibilité de simplifier la structure de l’actionnariat afin de «faciliter la négociation d’actions transfrontalières des actions de Richemont (catégorie A) entre les investisseurs à la bourse suisse SIX et de celle de Johannesburg, en Afrique du Sud».

Décision plus tard dans l’année

En conséquence, le conseil d’administration renonce temporairement à proposer la création d’un capital conditionnel de 24,2 millions de francs, qui doit permettre de financer son plan de fidélisation. Ce dernier vise à compenser la division par deux du dividende décidée pour faire face à la chute des ventes de l’entreprise au plus fort de la pandémie (-47% entre avril et juin, à 1,99 milliard d’euros).

Prévu sur une durée de trois ans, ce programme doit permettre aux actionnaires de recevoir gratuitement des bons de souscription qui leur permettront d’acheter en 2023 des actions à un prix calculé sur une moyenne de 2020, avec dans l’idée que le cours de l’action, au plus bas début août (57 francs), ne pourra que prendre de la valeur pendant ce laps de temps.

Avec ce report, le conseil d’administration de Richemont entend se laisser le temps «d’étudier l’impact éventuel de ce changement envisagé sur les opérations transfrontalières». Au terme de ce travail, il proposera une version révisée de son plan de fidélisation lors d’une assemblée générale extraordinaire «qui se tiendra plus tard dans l’année».

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Autres points validés

Tous les autres points à l'ordre du jour de l'assemblée générale de Richemont ont été validés mercredi matin, a fait savoir le groupe dans un second communiqué. Il s'agissait notamment d'avaliser les résultats de l'exercice 2020 et de reporter, une fois les dividendes versés, le solde du bénéfice au nouvel exercice. 

Les actionnaires ont également réélu le conseil d'administration et accepté la nomination de Wendy Luhabe en lieu et place de Sophie Guieysse, la directrice des ressources humaines du groupe qui avait démissionné avec effet immédiat début juin, en pleine crise de gouvernance.

Le montant maximal des rémunérations des membres du conseil d'administration a par ailleurs été fixé à 6,68 millions de francs pour la période courant jusqu'à la prochaine assemblée générale. Pour les rémunérations fixes du comité exécutif supérieur, le montant maximal retenu est de 15,8 millions pour l'exercice se terminant au 31 mars 2022. Enfin, les rémunérations variables maximales du comité exécutif pour l'exercice achevé au 31 mars 2020 ont été fixées à 38,33 millions.

En mai dernier, Richemont avait vivement été critiqué pour avoir augmenté de 35,8%, à 41,4 millions, la rémunération de son comité exécutif. Le groupe avait annoncé dans le même temps que les primes annuelles des employés seraient réduites d'au moins 25% et que le salaire des employés en RHT ne serait plus compensé. Une décision finalement annulée suite aux vives réactions qu'elle avait provoqué à l'interne et à l'externe du groupe.

A la clôture de la bourse suisse mercredi soir, l'action de Richemont cédait 1,44% à 61,44 francs par rapport à la veille, tandis que l'indice SMI augmentait de 1,52%.

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