Le groupe genevois Richemont, numéro deux mondial du luxe, a annoncé vendredi un partenariat avec le géant chinois Alibaba pour développer en Chine sa plateforme de distribution de produits de luxe en ligne.

Avec cet accord, Yoox Net-à-Porter (YNAP), la filiale de Richemont dans le commerce en ligne, et Alibaba vont créer une société sous contrôle conjoint qui lancera deux applications mobiles, Net-à-Porter et Mr Porter, destinées aux consommateurs chinois, a indiqué le groupe genevois dans un communiqué.

Selon les termes de l’accord, dont les contours financiers n’ont pas été divulgués, Alibaba mettra à disposition de la future coentreprise son infrastructure technologique et apportera son soutien dans les domaines du marketing, des paiements et de la logistique, précisent les deux colosses dans un communiqué conjoint. Un communiqué dans lequel Daniel Zhang, le directeur général d’Alibaba, rappelle que sa plateforme compte quelque 600 millions d’utilisateurs.

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La plateforme de Richemont, elle, distribue actuellement 950 marques de luxe dans l’Empire du Milieu. «Notre offre en ligne en Chine en est à ses balbutiements et nous croyons qu’un partenariat avec Alibaba nous permettra de devenir un acteur en ligne d’envergure et sur la durée dans ce marché. Aucune autre entreprise ne peut arriver à la hauteur ce que fait Alibaba dans ce pays», a déclaré le président du groupe genevois, Johann Rupert.

«Très bonne nouvelle»

«Alibaba est de loin le leader du marché chinois de l’e-commerce. En plus, les consommateurs chinois sont les plus grands clients de produits de luxe. C’est donc une nouvelle très positive pour Richemont», confirme l’analyste de Vontobel René Weber.

Carlo Terreni, cofondateur de l’Association suisse du commerce en ligne Netcomm, pense également que Richemont a fait le bon choix: «Le concept d’Alibaba, combinant achats en ligne, solutions de paiement et réseau social, répond aux attentes de ces consommateurs, qui vivent complètement immergés dans le commerce en ligne». Mais le choix de la joint-venture n'est pas anodin, selon lui. «Elle permet à Richemont de garder un certain contrôle sur ses marques, notamment en termes de communication, évitant ainsi de devenir un simple fournisseur de produits pour Alibaba». 

L'agence Bloomberg souligne quant à elle que cet accord est d'autant plus pertinent pour Richemont qu'il intervient alors que les autorités chinoises ont pris plusieurs mesures, ont un renforcement des contrôles aux douanes, faisant ainsi planer un doute sur l'évolution des achats de touristes chinois durant leur séjour à l'étranger, notamment en Europe.