Luxe

Richemont a supprimé 500 postes de travail en Suisse

En plus des 100 personnes licenciées, quelques 400 départs ont été enregistrés depuis début 2015, a détaillé le patron Richard Lepeu, en marge de la publication des résultats annuels, vendredi. L'exercice 2016/2017 du groupe genevois a débuté dans le rouge

A la fin du mois d’avril, Richemont avait au total supprimé 500 postes de travail en Suisse depuis le début de l’année 2015. Richard Lepeu, directeur général du groupe de luxe genevois, a donné ce chiffre vendredi lors d’une conférence téléphonique, en marge de la publication des résultats annuels. Cent personnes ont été licenciées, les autres suppressions d’emplois ont été le résultat de départs ou de réorganisations internes.

«Cela peut paraître beaucoup en termes absolus, a concédé le patron, seul aux commandes depuis le départ de Bernard Fornas en mars dernier. Mais je rappelle d’abord que nous avons créé plus de 2000 emplois en Suisse depuis 2010. Et qu’ensuite, ces mesures étaient nécessaires pour restreindre la production en fonction des ventes que nous réalisons en sell-out [ndlr: les ventes aux clients finaux et non pas les ventes aux détaillants du groupe, le sell-in].» Il a aussi ajouté qu’un tiers des postes de travail du groupe Richemont étaient en Suisse.

Les investissements continuent

Richemont n’a pas souhaité préciser dans quelles manufactures les postes avaient été supprimés, mais a indiqué que cela concernait essentiellement l’outil de production. En avril, les syndicats – alors en négociation avec le groupe – avaient expliqué que les marques les plus touchées étaient Cartier, Piaget et Vacheron Constantin.

Pour autant, les investissements en Suisse ne s’arrêtent pas, rappelle Richemont. En témoigne le nouveau Campus de Meyrin (GE), qui sera inauguré la semaine prochaine. Ou l’extension prévue de la manufacture IWC à Schaffhouse. «Notre job est de continuer à produire des montres», a expliqué Richard Lepeu. Le groupe de luxe assure que toutes les mesures ont désormais été prises et que de nouvelles suppressions d’emplois ne sont pas prévues. Vendredi matin, son patron a néanmoins refusé de se prononcer sur l'avenir.

Sur l’intégralité de son année décalée (terminée à fin mars), Richemont a dégagé un bénéfice net de 2,23 milliards d’euros, en hausse de 67%. Cela s’explique essentiellement par un bénéfice de 639 millions lié à la fusion de son site de vente Net-à-Porter et du spécialiste italien de la confection Yoox en octobre 2015. En excluant les effets exceptionnels, le bénéfice opérationnel s’affiche lui en recul de 11%, à 2,43 milliards d’euros.

L'Europe a progressé, la Chine aussi

Le chiffre d’affaires s’est étoffé de 6% à 11,08 milliards d’euros. Mais à taux de change constants, il se contracte de 1%. La croissance de 10% en Europe - 31% des ventes - au Moyen-Orient et au Japon (+20%) a été réduite à néant par la faible marche des affaires en Asie-Pacifique. La région, dans laquelle le groupe gagne 1 euro sur 3, affiche une baisse de 13%. Hongkong et Macao «restent nettement négatifs», selon le groupe. En Chine continentale - 9% du chiffre d’affaires -, ses ventes ont par contre augmenté de 10% durant l’exercice.

Par produits, les montres sont en recul de 1% mais de 8%, à taux de changes constants. La joaillerie, en revanche, progresse de 17% (8% sans les effets de changes).

La copie présentée par Richemont est inférieure aux prévisions des analystes consultés par AWP. Ces derniers tablaient en moyenne sur un chiffre d’affaires de 11,16 milliards, un bénéfice net de 2,38 milliards.

Sombre début d’exercice

Mais les observateurs se sont surtout attardés sur l’année à venir. Le  début d’exercice est plus faible que ce qu’ils ne craignaient déjà. En avril, premier mois de l’exercice 2016/2017, les ventes ont fléchi de 18% sur un an, un recul qui concerne toutes les régions. L’Europe et le Japon souffrent aussi désormais, témoigne Richemont.

La direction évoque des perspectives plutôt sombres. Dans le «futur proche», le groupe ne s’attend pas à une amélioration. Il dit vouloir concentrer ses efforts sur la génération de liquidités et la stricte maîtrise des coûts.

A la bourse suisse, l'action Richemont a ouvert en forte baisse, vendredi. Elle décrochait de plus de 5% dans les premiers échanges. Vers 11h30 heures, le titre reculait d’un peu plus de 2%.


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