Horlogerie

Richemont va ouvrir un centre de recherche à Neuchâtel

Le groupe de luxe genevois va rassembler une trentaine de ses ingénieurs dans le pôle Microcity de la capitale neuchâteloise. D’ici à 2018, il devrait y engager 20 spécialistes supplémentaires

Richemont renforce sa présence en Suisse. Le groupe de luxe basé à Genève a annoncé mardi l’ouverture, en avril prochain, d’un centre de recherches qui sera intégré au pôle d’innovation neuchâtelois Microcity. A court terme, il réunira une trentaine de collaborateurs du groupe et, dès 2018, une vingtaine d’ingénieurs supplémentaires devraient être engagés.

Pour Richemont, qui possède notamment les marques Cartier, Jaeger-LeCoultre ou le fabricant de fusils de chasse Purdey, le premier objectif de ce centre sera de «mettre un énorme coup d’accélérateur dans l’innovation», commente Edouard Mignon, qui coordonne les activités de recherche et développement au sein du groupe genevois. Son but sera aussi de réunir les forces en présence. «Nous avons des espaces d’innovation dispersés et des manufactures qui sont présentes de Genève à Schaffhouse. Ce centre pourra jouer le rôle de lieu de ralliement pour les équipes», se réjouit l’intéressé.

Neuchâtel, «une évidence»

Le choix de la ville de Neuchâtel est apparu comme «une évidence». Non seulement à cause de sa situation géographique mais aussi parce que le pôle d’innovation Microcity «s’inscrit dans un écosystème industriel et académique incomparable», note Richemont. L’antenne neuchâteloise de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EFPL), l’Université de Neuchâtel, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), la HE-Arc, l’incubateur de start-up Neode… «Ce sont des acteurs de premier plan», vante Edouard Mignon.

«Quand vous avez des groupes de cette taille-là qui consentent de tels investissements, c’est un sacré signe de confiance», se réjouit Christian Barbier, en charge du développement de Microcity pour le canton de Neuchâtel. Celui qui est également chef du service cantonal de l’économie ajoute qu’aujourd’hui, «l’avenir de l’horlogerie passe par l’acquisition de compétences nouvelles. Les groupes ont besoin d’intensifier la recherche et l’innovation.»

Mécaniques, matériaux et numérique

Concrètement, ce centre se mettra au service des quelque 20 marques de Richemont tant pour développer des spécialités mécaniques que, par exemple, pour imaginer de nouveaux matériaux. Il devrait également réaliser des incursions dans l’univers du numérique. «Il y aura certes une focale horlogère importante, mais nous travaillerons également sur la joaillerie, la mode, les accessoires… Ce sera extrêmement varié», se réjouit Edouard Mignon.

La trentaine d’ingénieurs qui prennent actuellement leurs marques à Neuchâtel sont déjà employés dans différentes sociétés du groupe. «Notre but n’est pas de faire travailler 100% de nos chercheurs dans ce centre, mais qu’ils naviguent entre ce dernier et les manufactures. Nous tenons vraiment à appliquer cette recherche dans le concret», ajoute cet ancien cadre de Cartier.

Liens «très étroits» avec le CSEM

Les ingénieurs seront installés dans le bâtiment de Microcity situé en face du CSEM. Ce dernier, dirigé par Mario El-Khoury, a fait parler de lui ces derniers mois en collaborant directement à deux développements de Swatch Group (l’élaboration d’un écosystème pour les objets connectés et la conception d’une puce Bluetooth microscopique).

Sans commenter les annonces de ce concurrent direct, Edouard Mignon précise que Richemont entretient également des liens «très étroits» avec le CSEM duquel il est d’ailleurs actionnaire (comme Swatch Group, Rolex, Siemens ou Sulzer, par exemple).

Lire aussi: Selon le CSEM, l’industrie 4.0 est une aubaine pour la Suisse

Richemont possède déjà un autre pied dans Microcity. En 2015, le groupe qui emploie 8000 personnes en Suisse (29 000 dans le monde) avait inauguré le laboratoire Galatea, une chaire professorale de l’EPFL spécialisée dans le micro-usinage.

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