Swiss Life a profité d’une évolution dynamique lors des neuf premiers mois de 2010, notamment grâce aux riches clients domiciliés à l’étranger. L’assureur zurichois a enregistré des recettes de primes de 15,9 milliards de francs, en hausse de 16% par rapport à la même période de l’an passé.

La croissance corrigée des effets de change atteint même 20%, selon les chiffres publiés mercredi par l’entreprise. Sur le seul troisième trimestre, les recettes de primes ont grimpé de 12% à 3,6 milliards de francs (+17% en monnaies locales).

Alors que sur les trois premiers trimestres les recettes sont restées stables en Suisse, à 6,3 milliards, elles ont augmenté de 15% en France et de 7% en Allemagne en monnaies locales. Elles ont respectivement atteint 4,1 milliards et 1,5 milliard de francs. A noter que sur le troisième trimestre la hausse est de 5% en Suisse, à 970 millions. Riches étrangers

Dans le secteur «Activités d’assurances Autres», l’augmentation est particulièrement forte avec une progression de 98% à 4,1 milliard de francs. Sur le seul troisième trimestre, la hausse est de 106%, à 985 millions.

Pour l’assureur, cette tendance s’explique principalement par «l’évolution positive des affaires dans le secteur Private Placement Life Insurance (PPLI)». Cette activité correspond essentiellement à des produits d’assurances vie spéciaux pour riches clients, vendus depuis le Liechtenstein, le Luxembourg ou Singapour.

Surnommés en anglais «insurance wrapper», ces produits sont très appréciés depuis la crise du secret bancaire, car ils offrent une forme licite d’optimisation fiscale. Ils permettent un placement de fonds dans la structure d’une assurance.

Cette offre semble particulièrement attirer les Italiens, qui dans le cadre de l’amnistie fiscale conduite par les autorités de la Péninsule, ont déplacé d’importants montants.

Lors d’une conférence téléphonique, le directeur financier Thomas Buess s’est réjoui de la forte croissance des PPLI. «Cette croissance est due à l’extension du réseau de distribution et à un meilleur contexte de marché pour ces produits», a-t-il dit. «La croissance a été bonne non seulement en Asie, mais aussi dans d’autres zones géographiques.» Chiffres noirs chez AWD

La société financière allemande AWD, qui avait connu des difficultés l’an dernier, confirme de son côté la légère amélioration de sa situation. Entre janvier et septembre, elle a généré un chiffre d’affaires de 387,8 millions d’euros, soit une hausse de 2% par rapport à la même période de l’an dernier.

Si le nombre de conseillers est resté stable à environ 5300, les clients conseillés sont en baisse de 6%, à 316’795. Sur le troisième trimestre, la baisse est même de 11%.

Reste que Swiss Life estime que sa filiale AWD est en bonne voie pour atteindre ses objectifs 2010. «Nous atteindrons l’objectif d’EBIT de 40 à 50 millions d’euros pour AWD», a déclaré Thomas Buess. Les mesures prises pour accroître l’efficience d’AWD ont été payantes, selon lui. Les charges ont été réduites de 20% sur un an. «Nous avons déjà atteint une marge EBIT de 7,4%. Sur les principaux marchés, Grande-Bretagne, Allemagne et Suisse, les marges atteignent même 9% à 15%.»

Ces résultats ne semblaient pas convaincre les investisseurs mercredi. Vers 11h00, le titre était à la baisse et perdait 1% à la Bourse suisse.