Technologie

Rien, absolument rien n’affecte Facebook

Les scandales à répétition concernant la vie privée ont beau se multiplier, le nombre d’utilisateurs ne cesse de croître, même en Europe. Et les annonceurs continuent de miser en masse sur le réseau social. Facebook semble plus que jamais incontournable

Facebook est indestructible. Il y a un an éclatait le scandale Cambridge Analytica, une affaire d’une ampleur inouïe pour le réseau social californien, avec une fuite massive de données de dizaines de millions d’utilisateurs. En avril 2019, impossible, en lisant les chiffres trimestriels publiés dans la nuit de mercredi à jeudi, de trouver trace de cette affaire. Les utilisateurs sont de plus en plus nombreux, les annonceurs dépensent toujours plus. C’est comme si la tempête Cambridge Analytica n’avait jamais existé. Ou, plus incroyable encore, comme si elle avait même renforcé Facebook, banalisant les atteintes à la vie privée.

Lors du premier trimestre, son chiffre d’affaires a crû de 26%, à 15,1 milliards de dollars (autant en francs). Le bénéfice a atteint 2,4 milliards, après avoir été amputé de 3 milliards pour des provisions liées une amende – qui pourrait atteindre 5 milliards – que doit lui infliger la Federal Trade Commission (FTC) pour non-respect d’un accord sur la vie privée. Côté utilisateurs, Facebook en compte toujours 2,7 milliards à travers toutes ses plateformes et s’est même offert le luxe d’en dénombrer 4 millions de plus en Europe. Ils sont désormais 286 millions sur le Vieux-Continent; après deux trimestres de baisse en Europe, Facebook a réussi à y croître durant deux trimestres consécutifs.