Au sommet d'un bâtiment industriel, à l'orée de Winterthour, écrit en lettres géantes, le message frappe le visiteur: «Delight your customers.» A l'image de ses résultats 2004, présentés mercredi à la presse, Rieter tient effectivement ses promesses sur deux marchés difficiles, la sous-traitance automobile et les machines textiles. Le bénéfice net augmente de 18,8%, à 137,8 millions de francs et la marge d'exploitation du groupe grappille 0,1%, à 6,9%, en dépit de la hausse des matières premières et de la baisse du dollar.

La discipline en matière de coûts se conjugue à tous les niveaux. Le groupe ne cesse d'accroître sa présence sur les pays à faible coût de production. Ces derniers représentent 25% du total (24% en 2003) et Hartmut Reuter, président de la direction, entend mener d'autres initiatives dans ce sens. En 2004, Rieter comptait 800 employés en Asie. L'effectif va s'accroître de 400 cette année dans cette région, essentiellement en Chine et en Inde. Le groupe accompagne ses clients, explique Hartmut Reuter. Ainsi le chiffre d'affaires en Chine est passé de 2 à 8% en quatre ans. Dans le textile, les ventes asiatiques passent en un an de 61 à 70% du chiffre d'affaires. Dans l'automobile, le groupe démarre seulement, mais il négocie actuellement des contrats de sous-traitance avec des producteurs chinois et européens.

Cette orientation stratégique se lit dans les excellents résultats du groupe. Les analystes sont certes un peu déçus par le résultat d'exploitation, mais le bénéfice net dépasse les attentes et la solidité financière du groupe fait des envieux. La bonne surprise tient surtout au résultat financier, qui s'améliore de 20 millions de francs. La santé éclatante du groupe transpire à travers le free cash-flow, à 202 millions de francs (+135%). Ce dernier résulte de l'augmentation de 9% du cash-flow et de la diminution de l'actif circulant, surtout des stocks. Ainsi les liquidités sont encore mieux garnies que l'année précédente, à 405,6 millions de francs (+132%), en partie sous l'effet de la poursuite du programme de ventes des actions propres, appartenant précédemment à la BZ.

Cette performance s'accompagne d'une percée du groupe dans ses différents marchés. Dans l'automobile, la position de leader dans l'isolation acoustique et thermique permet à Rieter d'être intégré dans de nouveaux modèles, de la Citroën C4 à la Toyota Corola, la Chrysler 300, VW Golf et la classe M de Mercedes. Hartmut Reuter s'ingénie donc à montrer à la presse que Rieter est un groupe de croissance, davantage que ne l'indiquerait la seule lecture des ventes en francs suisses. Sur cinq ans, dans l'automobile, sa croissance annuelle atteint 5,6% en monnaies locales.

Le patron de Rieter se montre toutefois prudent pour 2005. Dans le textile, après un faible deuxième semestre 2004, il espère une stagnation du chiffre d'affaires sur l'ensemble de 2005. Dans l'automobile, les ventes devraient légèrement augmenter et le bénéfice d'exploitation poursuivre sa progression.

Mais au premier semestre, le chiffre d'affaires et le bénéfice devraient baisser. En outre, «il n'est pas encore possible de connaître l'impact des réductions de production de certains constructeurs automobiles américains», ajoute Hartmut Reuter. Le groupe attend l'information d'ici à la fin avril.