Rieter a encore souffert des effets de la crise économique et financière en 2009. «Il s’agit de l’année la plus difficile en 32 ans d’activité chez Rieter», a déclaré mardi au siège de Winterthour (ZH) Erwin Stoller, le président du conseil d’administration et patron du fabricant de machines textiles et de composants pour l’industrie automobile.

Les deux divisions, Textile Systems et Automotive Systems, ont évolué dans un environnement difficile, tout particulièrement en début d’année. Comme déjà annoncé, les commandes ont fondu comme neige au soleil, soit de 24% par rapport à 2008 à 1,935 milliard de francs. Les ventes se sont elles repliées de 38% à 1,956 milliard. En l’espace de deux ans, le chiffre d’affaires a dégringolé de 52%.

En dépit d’une restructuration drastique entamée il y un an et demi durant laquelle Rieter a fermé cinq usines et réduit son effectif de quelque 2400 postes, le groupe n’est pas parvenu à s’extraire des chiffres rouges au niveau opérationnel. La perte d’exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) s’est inscrite à 187 millions de francs.

Amélioration

Il n’en reste pas moins que la situation s’est sensiblement améliorée au regard du montant négatif à hauteur de 397 millions de francs affiché en 2008. Outre une évolution plus favorable de ses affaires au 2e semestre, Rieter a aussi bénéficié de la non récurrence de charges et d’amortissement de goodwill passés en 2008 au titre de sa restructuration pour un montant de 335 millions.

La moitié de la perte essuyée en 2009 est à mettre au compte des trois premiers mois de l’exercice, a ajouté M. Stoller. Après avoir plongé dans le rouge à hauteur de 146 millions de francs après six mois en 2009, le groupe zurichois a achevé le second semestre sur une perte nette de 72 millions.

Sur les 69 projets de restructuration annoncés, Rieter en a achevé 31 à fin 2009. Le groupe a adapté ses capacités de production à la demande, notamment en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. Des activités ont été relocalisées en Asie. L’essentiel de la réorganisation du groupe, qui comptait à fin 2009 12’761 salariés, dont 1650 en Suisse, sera clos cette année et produira son plein effet en 2011.

Regrettables, ces mesures entraîneront comme prévu la disparition de 1390 emplois en 2010, a ajouté le chef des finances, Urs Leinhäuser. Ce programme, dont les premiers effets se sont fait sentir au 2e semestre 2009, vise à réduire le niveau de chiffre d’affaires permettant aux deux divisions de travailler de manière rentable.

Retour à l’équilibre

Alors que le plus dur est désormais derrière, Rieter doit parvenir à inscrire des chiffres noirs à l’avenir, même si la demande venait à nouveau s’effondrer de 20%, a poursuivi M. Stoller.

Pour l’année en cours, Rieter maintient sa prévision d’un retour à l’équilibre. Après avoir crû de 17% entre le premier et le second trimestre 2009, le chiffre d’affaires du groupe devrait fortement progresser au regard de l’année sous revue.

Conformes aux attentes des analystes, les résultats de Rieter ont apparemment rassuré les investisseurs. A la Bourse suisse vers 13h00, le titre du groupe zurichois gagnait 2,9% à 317 francs, dans un marché élargi (SPI) en hausse de 0,1%.