«Croissance» et «expansion» ont été les maîtres mots de la présentation mercredi à Zurich de la nouvelle coentreprise fondée par Ringier et Axel Springer. Cette structure, qui rassemblera les activités des deux groupes de presse alémanique et allemand en Europe de l’Est, est une «coentreprise de croissance», a souligné Mathias Döpfner, directeur d’Axel Springer. Christian Unger, le directeur du groupe Ringier, a renchéri: «Nous allons exploiter toutes les synergies possibles entre les deux sociétés. Toutefois, cette coentreprise a pour objectif prioritaire de pouvoir gagner de nouvelles parts de marché.»

La nouvelle société, contrôlée à part égale par les deux groupes de presse, générera un chiffre d’affaires de 414 millions d’euros (environ 600 millions de francs) en se basant sur les données pro forma de 2009. Elle réunira les activités des filiales d’Axel Springer en Pologne, République tchèque et Hongrie, complétées par celles de Ringier dans ces deux derniers pays ainsi qu’en Serbie et Slovaquie. La nouvelle société sera le «leader incontesté de la région entière dans le domaine des journaux de boulevard et des magazines», promettent les deux groupes dans leur communiqué diffusé mercredi.

En tout, la coentreprise emploiera quelque 4800 collaborateurs, dont 3100 proviennent de Ringier et 1700 d’Axel Springer. Le siège de la société basé à Zurich, n’emploiera qu’un nombre situé «dans la partie basse d’un montant à deux chiffres», comme le formule Christian Unger. Vraisemblablement, seule une trentaine de collaborateurs travailleront sur les bords de la Limmat.

300 millions d’euros injectés

Compte tenu de la présence plus importante de Ringier que celle d’Axel Springer en Europe de l’Est, l’éditeur allemand devra verser au groupe zurichois une compensation de 125 millions d’euros. En tout, quelque 300 millions d’euros (428 millions de francs) seront investis dans la société, projette Christian Unger.

Ces fonds seront en particulier investis dans le développement des activités numériques de la coentreprise, qui rassemble quelque 70 offres en ligne en plus de la centaine de titres imprimés. «L’évolution vers le numérique est la plus grande opportunité à saisir actuellement», insiste Mathias Döpfner. Pour financer ces projets, Ringier et Axel Springer ont l’intention de faire entrer en bourse leur nouvelle coentreprise d’ici 3 à 5 ans, vraisemblablement à Zurich.

La présidence du conseil d’administration de la nouvelle société sera confiée à Ralph Büchi, président d’Axel Springer International et ex-directeur de la Handels­zeitung. Son directeur sera Florian Fels, actuel responsable de l’Europe centrale chez Ringier.