L’exercice 2015 a été marqué par la poursuite de l’essor des activités numériques chez Ringier. Le groupe zurichois, copropriétaire du Temps avec Axel Springer, a réalisé pour la première fois plus du tiers de son chiffre d’affaires grâce à ses activités sur internet. Sur un chiffre d’affaires de 946 millions de francs (-4,3%), la part du numérique s’est élevée à 36,6% l’an dernier, contre 32,1% lors de l’exercice précédent. Le recul des ventes s’explique notamment par les changes défavorables, a précisé Ringier qui a publié mercredi ses résultats de 2015.

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Au niveau du bénéfice opérationnel (Ebitda), environ 61% de ce résultat incombe aux activités numériques, comparé à 48% en 2014 et à 28% en 2013. En 2016, cette part devrait même dépasser les 70%, prévoit le groupe. Cette évolution peut-être considérée comme étant à la fois positive – grâce à l’essor du numérique – ou négative – car elle reflète la tendance négative observée dans les secteurs traditionnels –, a mis en perspective Michael Ringier, le président du conseil d’administration de Ringier. Le résultat opérationnel avant impôts et amortissements (Ebitda) a atteint 96,1 millions (+16,8%).


Un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard attendu en 2016

Le bénéfice net a, lui, diminué de près de moitié à 11,3 millions (21,4 millions en 2014). «En tant qu’entreprise en mains familiales, Ringier a une politique très conservatrice en matière d’amortissements», a souligné Marc Walder, son directeur. Les investissements dans le numérique nécessitent d’importants amortissements les premières années. En tout, l’entreprise a déjà investi quelque 1,7 milliard de francs en rachetant plus de 40 sociétés au cours des dernières années. Pour 2016, le groupe anticipe à nouveau un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard de francs ainsi qu’un résultat opérationnel supérieur à 100 millions de francs, selon son directeur. Dans ses activités numériques, Ringier a acquis l’an dernier la plateforme MyStore.ch, spécialisée dans les ventes dites «flash» en Suisse romande, qui complète celle de DeinDeal.ch.

Une grande opération de 2015 a été la création de l’entreprise conjointe entre Ringier et Axel Springer Suisse, qui opère désormais sous le nom de Ringier Axel Springer Suisse SA depuis janvier. Son portefeuille englobe toutes les revues alémaniques et romandes du groupe, y compris les journaux Le Temps et Handelszeitung. Au sujet des activités de Ringier en Suisse romande, la mise sur pied d’une rédaction commune pour Le Temps et l’Hebdo à Lausanne en mai dernier devrait permettre de réaliser des synergies en 2016, grâce aussi au rapprochement avec d’autres hebdomadaires comme Bilanz ou Handelszeitung. Selon Marc Walder, la création de la rédaction commune lausannoise a coûté un «montant en million à un chiffre». Les synergies attendues se répartiront, elles, sur plusieurs années, a-t-il expliqué, précisant que des suppressions de postes n’étaient pas prévues.


L’Afrique, un marché en phase d’investissement

A l’étranger, les activités de Ringier Afrique ont vu leur chiffre d’affaires croître de 250% sur un an. Le groupe est présent dans cinq pays (Ghana, Kenya, Nigeria, Sénégal et Tanzanie). «Les affaires se développent bien mais nous sommes encore dans une phase d’investissement, tout comme cela avait été le cas au début en Europe de l’Est», a nuancé Marc Walder.

Dans la publicité, la création d’Admeira, la coentreprise commune avec la SSR et Swisscom a été un autre projet phare du groupe. D’autres acteurs ont-ils manifesté leur intérêt à rejoindre cette coentreprise? Oui, a assuré Marc Walder, précisant qu’il ne pouvait toutefois citer aucun nom.