Nous saurons dans quatre semaines, lorsque les résultats des élections législatives seront connus, si le nouveau locataire de l’Elysée pourra non seulement présider mais également gouverner. En effet, même si l’implosion des partis traditionnels est aujourd’hui acquise, l’exercice de recomposition d’une majorité s’annonce délicat. L’opinion publique est divisée – 46% des électeurs ont voté pour les extrêmes au premier tour – et le combat idéologique, avec la poudre de perlimpinpin qui l’accompagne, domine la culture du compromis, plus pragmatique, que nous connaissons en Suisse.

En particulier, la réforme du Code du travail, au cœur du projet politique d’Emmanuel Macron, nécessitera plus que jamais une approche transversale, le dépassement du clivage droite/gauche, ne serait-ce qu’en raison de l’affaiblissement programmé des syndicats qu’elle implique: ces derniers vont se battre et annoncent déjà une rentrée (après les vacances estivales) agitée…

L’Europe est toujours vivante

Mais la nouvelle présidence bénéficie d’un atout majeur: l’accélération et la généralisation de la reprise économique dans la zone euro et en France! Cet environnement économique porteur est une opportunité suffisamment rare pour ne pas être galvaudée et sur laquelle, au contraire, il faudra capitaliser au maximum.

Si le rythme et la capacité à réformer l’économie domestique sont encore en suspens, nous disposons d’ores et déjà de plus de certitude quant à l’engagement international de la France. La nouvelle présidence affiche une position pro-européenne bienvenue et donne un message fort au reste du monde: l’Europe a certes besoin d’un nouveau souffle mais elle est bien vivante!

Dès lors, le risque politique se déplace et quitte, enfin, le Vieux Continent. Aux Etats-Unis, le président Trump rencontre plus de difficultés que prévu à mettre en place son programme. Londres s’inquiète du renfort Macron dans le camp adverse, qui mènera les négociations de sortie de l’Union européenne. Enfin, Moscou n’aura pas le soutien espéré pour la levée des sanctions à l’encontre de la Russie.

Les marchés financiers priment ce changement et les actifs européens commencent à combler une partie du retard accumulé. L’autre gagnant est la Suisse! La réduction du risque de disparition de l’euro allège en effet la pression sur le franc, et donc sur la BNS.

Une première occasion de présenter sa vision du monde sera rapidement donnée à Emmanuel Macron lors de la réunion de l’OTAN à Bruxelles le 25 mai et le lendemain, en comité plus restreint, lors d’un G7 en Sicile. Bienvenue Emmanuel Macron. En marche!