Le Fonds monétaire international a relevé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2011, principalement grâce à une amélioration des perspectives pour les Etats-Unis, mais a dressé une longue liste de risques qui s’accumulent pour l’économie de la planète.

Dans une mise à jour de ses «Perspectives économiques mondiales» publiée à Johannesburg (Afrique du Sud), l’institution a indiqué qu’elle tablait sur 4,4% de croissance pour l’année, contre 4,2% prévus en octobre.

La prévision a surtout été relevée pour les Etats-Unis, à 3,0% contre 2,3% auparavant. Le FMI l’a expliqué par la décision de Washington de prolonger pendant deux années des réductions d’impôts décidées en 2001 et 2003, ce qui devrait «ajouter un demi-point de croissance» en 2011.

Pour la zone euro, la prévision a été laissée inchangée, à 1,5%, de même que pour la France à 1,6%, contre 2,2% pour l’Allemagne (2,0% auparavant).

D’après les prévisions du Fonds, la crise de la dette publique dans la zone devrait peser sur la région, mais pas tant en dehors.

Danger d’emballement

Ces projections, a expliqué le Fonds, «supposent que les mesures politiques actuelles parviennent à contenir la tourmente financière et ses effets sur l’économie réelle à la périphérie de la zone euro, pesant seulement d’un poids modéré sur la reprise mondiale».

La poursuite d’une croissance relativement élevée ailleurs dans le monde fait dire au FMI que «la reprise à deux vitesses» de l’économie mondiale persiste.

Pour les pays émergents et en développement, ses prévisions restent globalement stables, avec 9,6% de croissance en Chine, 8,4% en Inde ou encore 4,5% au Brésil.

Ces pays doivent empêcher leur économie de s’emballer, a conseillé le Fonds. «Dans beaucoup d’économies émergentes, l’activité reste vigoureuse, des pressions inflationnistes apparaissent, et il y a désormais quelques signes de surchauffe, provoquée en partie par des entrées importantes de capitaux» ou dans certains cas une monnaie sous-évaluée, a-t-il relevé.

Appréciation insuffisante

Le FMI a par ailleurs estimé mardi qu’une appréciation «rapide» de la devise chinoise, le yuan, serait «logique» et «raisonnable», selon son directeur du département des études, Olivier Blanchard.

«La Chine va dans la bonne direction, elle se concentre sur la stimulation de la demande intérieure», a-t-il déclaré. «Nous pensons qu’à plus ou moins long terme, il sera logique et raisonnable de déprécier» le yuan, a-t-il poursuivi. «Ce serait bon pour la Chine et le reste du monde, si l’appréciation était rapide», a-t-il ajouté.

«En Chine et dans les autres puissances émergentes d’Asie, l’appréciation des monnaies a été insuffisante», a encore estimé le responsable.

Le cours du yuan, largement contrôlé, est l’objet de polémique entre Washington et Pékin. Les Etats-Unis accusent la Chine d’être responsable de leur déficit commercial colossal et lui reprochent de maintenir volontairement sa monnaie sous-évaluée pour favoriser ses produits à l’exportation. La Chine répond que ces pressions sont intolérables et que l’appréciation du yuan doit s’envisager comme un processus à long t