Le cyclone qui a ravagé la plus grande partie des zones rizicoles birmanes vient amplifier la crise sur le marché du riz. La Birmanie, qui a récolté 32 millions de cette céréale l'an dernier - environ 5% de la production mondiale - en exportait 0,5 million de tonnes. «Le pays prévoyait d'en expédier autant cette année - essentiellement à ses voisins -, mais tout sera perdu», réagit Patricio Mendez del Villar, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), à Montpellier. De quoi mettre un peu plus sous pression des cours qui ont quadruplé depuis l'automne. «Pour l'instant, il n'y a pas eu de violente réaction des prix régionaux», tempère le spécialiste. «Dire qu'après avoir touché les 1000 dollars la tonne, on voyait un tassement se dessiner sur le riz thaï», se désole cependant ce dernier. Ces tensions ne semblent guère à même de se débloquer avant la fin de l'été et le début des semis en Asie. Il faut espérer que les grands producteurs annonceront alors une extension des surfaces cultivées.